« C’est une analyse hâtive, simpliste et surprenante, qui révèle un biais inquiétant de la part de la première autorité du Nigéria. Nous aurions préféré une présentation plus équilibrée du contexte sécuritaire, plutôt que de voir des pays voisins désignés à tort comme responsables d’une situation complexe. Ces propos risquent d’alimenter des incompréhensions et des frustrations entre des peuples unis par l’histoire, la géographie et la fraternité », a déclaré Karamoko Jean Marie Traoré.
Il a également souligné que les déclarations du président Tinubu méprisent les efforts constants de l’armée nigérienne contre Boko Haram, alors que le terrorisme n’affectait pas encore les pays de l’AES à cette époque.
Le ministre a rappelé que, malgré les liens entre Boko Haram et certains groupes terroristes du Sahel, les États de l’AES ont toujours privilégié la coopération et la responsabilité partagée, évitant toute accusation publique envers le Nigéria.
« Le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigéria affrontent le même ennemi. Les succès des Forces de défense et de sécurité des pays de l’AES profitent à la sécurité de toute la sous-région, y compris du Nigéria, en limitant la mobilité et les capacités d’action des groupes terroristes », a-t-il insisté.
Enfin, Karamoko Jean Marie Traoré a appelé les autorités nigérianes à adopter des discours fédérateurs et solidaires, plutôt que des propos pouvant diviser ou créer des malentendus entre les peuples voisins.
En réponse, le Chargé d’Affaires de l’Ambassade du Nigéria a assuré avoir pris bonne note du message et s’est engagé à le transmettre fidèlement à ses supérieurs à Abuja, selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso.