29 septembre 2026

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Niger : SOMAÏR et SONIDEP, le vrai bilan derrière le discours de Lamine Zeine à l’ONU

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Le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine a prononcé un discours souverainiste à la tribune de l’ONU, évoquant la réappropriation des ressources et l’indépendance économique. Mais une fois les caméras éteintes, les chiffres racontent une autre histoire : celle de la SOMAÏR et de la SONIDEP, deux fleurons publics en pleine débâcle financière.

Le discours onusien de Lamine Zeine face à la réalité des chiffres

Devant les émissaires internationaux réunis pour la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, Ali Mahaman Lamine Zeine a repris les slogans du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) : réappropriation des ressources nationales, indépendance économique et rupture avec le néocolonialisme. Pourtant, sous la direction du général Abdourahamane Tiani, les joyaux industriels du Niger s’enfoncent dans une gestion chaotique. Derrière le vernis patriotique, le bilan de la SOMAÏR et de la SONIDEP révèle un fiasco financier aux conséquences directes pour le peuple nigérien.

La SOMAÏR : de la promesse de récupération à l’effondrement de l’uranium

En prenant le contrôle opérationnel de la Société des mines de l’Aïr (SOMAÏR) et en écartant le partenaire historique français Orano, la junte promettait une manne financière retrouvée. Le constat est sans appel : la production d’uranium a chuté d’environ 80 % depuis la reprise en main.

  • Chaînes d’approvisionnement rompues : l’incapacité à acheminer les réactifs chimiques essentiels, comme l’acide sulfurique, et les blocages logistiques aux frontières ont paralysé le site d’Arlit.
  • Goulot d’étranglement commercial : faute de réseaux de distribution solides et de certificats d’exportation fiables, des tonnes de yellowcake restent stockées sur place, invendables.
  • Impact social immédiat : les sous-traitants locaux ne sont plus payés, les emplois disparaissent et les recettes fiscales attendues pour financer hôpitaux et écoles se sont évaporées.

Changer le drapeau sur le portail d’une usine ne suffit pas à faire tourner ses machines. En ingénierie minière, les slogans ne remplacent ni la compétence technique ni la rigueur de gestion.

La SONIDEP et le trou noir de 25 milliards de FCFA

Si la gestion de l’uranium relève du naufrage, le dossier pétrolier frôle le scandale d’État. La Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP), propulsée par le CNSP au cœur de la stratégie de commercialisation du brut via le nouveau pipeline géant vers les côtes béninoises, devait être le moteur financier de cette nouvelle ère. Pourtant, selon des bilans internes et des rapports d’étape, la SONIDEP afficherait une perte abyssale estimée à plus de 25 milliards de francs CFA.

Ce chiffre illustre à lui seul la faillite du modèle de gestion militaire : d’un côté, la SOMAÏR voit sa production s’effondrer de près de 80 %, détruisant la valeur ajoutée de la filière uranium ; de l’autre, la SONIDEP, censée récolter les fruits du pétrole national, accumule un déficit record de 25 milliards de FCFA au lieu d’alimenter les caisses de l’État. Ensemble, ces deux fleurons publics symbolisent un système d’évaporation des ressources publiques sous couvert d’un nationalisme illusoire.

Comment une société nationale qui détient le monopole de la distribution d’or noir, dans un pays censé devenir un exportateur de pétrole majeur, réussit-elle le tour de force d’accumuler un tel gouffre financier ? L’absence de bilans comptables certifiés et le silence radio du ministère des Pétroles alimentent toutes les suspicions : mauvaise gestion, contrats de gré à gré douteux, intermédiaires improvisés et surfacturations.

La souveraineté ne peut pas servir de paravent à l’incompétence

Face à cette déroute industrielle, le réflexe du tandem Tiani-Zeine est bien rodé : accuser systématiquement la CEDEAO, les sanctions internationales, la « main invisible de l’impérialisme » ou la gestion des régimes précédents. À un moment donné, les dirigeants conduits par Abdourahamane Tiani doivent rendre des comptes à leur population :

  1. Où sont passés les rapports d’audit promis en grande pompe lors du coup d’État de juillet 2023 ?
  2. Comment sont réellement négociés les contrats de vente du pétrole et de l’uranium nigériens ?
  3. À quoi servent exactement les rares recettes encaissées par le Trésor public si les grandes entreprises nationales tombent en faillite ?

La véritable souveraineté d’un peuple se mesure aux actes et aux résultats concrets : des entreprises publiques qui créent de la valeur, des salaires payés à temps, des investissements dans les services de base et une transparence totale sur les finances publiques.

En utilisant l’argument patriotique pour masquer les faillites de la SOMAÏR et de la SONIDEP, le CNSP détourne le sens même du mot souveraineté. Le peuple nigérien ne se nourrit pas de discours à l’ONU : il a besoin d’une économie qui fonctionne.

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