Mémorandum historique entre le conseil de l’entente et l’unowas pour une afrique de l’ouest stable
Un accord-cadre pour désamorcer les crises en Afrique de l’Ouest
Abidjan a accueilli, le 29 septembre 2026, la signature d’un mémorandum d’entente historique entre le Conseil de l’Entente et le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). Ce document engage les deux institutions dans une collaboration renforcée pour trois ans, axée sur la paix, la stabilité et le dialogue politique.
Les défis sécuritaires persistants dans la région rendent cet accord essentiel. Les parties prenantes s’engagent à conjuguer leurs forces pour préserver et amplifier les mécanismes de concertation entre les États et les organisations régionales, afin d’anticiper et résoudre les tensions avant qu’elles ne dégénèrent.
Trois priorités stratégiques pour transformer la région
1. Prévenir les conflits par la diplomatie active
Le mémorandum consacre 40% de ses efforts à la diplomatie préventive. Les deux institutions prévoient des consultations stratégiques, des missions de bons offices et des actions de facilitation pour désamorcer les crises avant qu’elles n’émergent. Cette approche vise à éviter les escalades qui pourraient déstabiliser des zones déjà fragiles.
2. Renforcer la résilience aux frontières et inclure tous les acteurs
Les zones frontalières, souvent sources de tensions, bénéficieront d’une attention particulière. Le partenariat mise sur la prévention des conflits, le renforcement de la cohésion sociale et l’implication des jeunes et des femmes dans les initiatives de paix. Ces mesures permettront de construire des communautés plus résilientes face aux crises.
3. Moderniser les institutions et partager l’expertise
Le troisième axe se concentre sur le renforcement institutionnel. Il inclut le partage d’informations, la réalisation d’études conjointes et le développement des capacités du Conseil de l’Entente. L’objectif : doter cette organisation d’outils modernes pour analyser et répondre aux défis régionaux avec efficacité.
Un rôle pivot pour le Conseil de l’Entente
Le mémorandum reconnaît le Conseil de l’Entente comme une plateforme centrale de dialogue. Grâce à ses membres issus à la fois du Sahel et des zones littorales, l’organisation est idéale pour faciliter les rapprochements entre les États et les blocs régionaux. Elle pourra intervenir comme médiateur lorsque les tensions l’exigeront.
Feuille de route : comment sera appliqué le partenariat ?
Pour garantir l’efficacité de cet accord, le Conseil de l’Entente et l’UNOWAS mettront en place :
- Des plans de travail annuels pour structurer les actions conjointes.
- Des points focaux désignés pour assurer le suivi opérationnel.
- Des consultations régulières pour évaluer les progrès et ajuster les stratégies.
- Des missions communes d’évaluation, de dialogue ou de facilitation diplomatique.
Ces dispositions permettront une mise en œuvre rapide et coordonnée des initiatives prévues.
Les porte-parole de l’accord soulignent son importance
Leonardo Simão, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, a insisté sur la nécessité de maintenir et restaurer la paix en permanence. « La paix n’est jamais acquise. Il faut sans cesse œuvrer pour la préserver là où elle existe et la rétablir là où elle fait défaut », a-t-il déclaré.
Idi Ali, secrétaire exécutif adjoint chargé de l’intérim du Conseil de l’Entente, a salué cet accord comme une reconnaissance du rôle clé de l’organisation. « Le Conseil de l’Entente, créé en 1959, offre une expérience unique de coopération entre pays du Sahel et du littoral. Ce mémorandum renforce notre capacité à consolider la paix dans toute la sous-région », a-t-il expliqué.