Ousmane sonko exhorte au dialogue pour éviter une crise au Sénégal
Ousmane Sonko exhorte au dialogue pour éviter une crise au Sénégal

Après son limogeage du gouvernement, Ousmane Sonko, leader du Pastef et président de l’Assemblée nationale, appelle à un dialogue constructif pour préserver la stabilité du Sénégal. Une intervention qui intervient alors que les tensions persistent autour de la formation du nouveau gouvernement.
Le chef du parti majoritaire au Sénégal, Ousmane Sonko, récemment écarté de ses fonctions de Premier ministre, a réaffirmé son engagement en faveur d’un dialogue politique pour préserver la paix sociale. Il a appelé le président Bassirou Diomaye Faye à privilégier l’écoute et la concertation afin d’éviter que le pays ne sombre dans une nouvelle crise politique.
Ousmane Sonko, également président de l’Assemblée nationale, s’est exprimé publiquement pour la première fois depuis son éviction le 22 mai dernier. Cette décision, prise par le président Faye avec qui il partageait une longue collaboration, fait suite à des désaccords profonds sur la gestion de la dette publique et d’autres orientations stratégiques.
Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, Sonko a révélé que le chef de l’État avait justifié son renvoi en invoquant des positions qui « l’incommodaient ». Le limogeage de Sonko s’accompagne de la formation, le 26 mai, d’un nouveau gouvernement de 30 membres, dont la légitimité est déjà contestée par l’ancienne équipe dirigeante.
Critiquant ouvertement la méthode de composition du gouvernement, Ousmane Sonko a déclaré : « Un pays, c’est sérieux ! Un gouvernement, c’est sérieux ! J’ai l’impression que le président Diomaye ne comprend pas l’importance de cette responsabilité. On ne forme pas un gouvernement à la légère. »
Une situation politique inédite au Sénégal
Selon Sonko, la configuration actuelle est sans précédent au Sénégal. « Ce qui se passe est inédit. Hier, nous avons assisté à la naissance d’un gouvernement sans assise politique solide », a-t-il dénoncé. Il a ajouté qu’il n’existait « aucune légitimité politique structurée et sérieuse » autour du président Faye, soulignant l’absence de soutien parlementaire à son action.
« Nous sommes, qu’il le veuille ou non, dans une situation de cohabitation. Il ne dispose même pas d’un seul député à l’Assemblée nationale. Il doit redescendre de son piédestal et accepter le dialogue », a-t-il insisté. Le Pastef, parti dirigé par Sonko, détient en effet 130 sièges sur les 165 que compte l’Assemblée nationale.
Une menace de crise économique et sociale
Ousmane Sonko a mis en garde contre les risques d’une escalade des tensions. « Si nous nous engageons dans une logique de dissolution ou de censure, personne ne viendra investir au Sénégal. Nous devons mettre de côté nos divergences pour prioriser l’intérêt supérieur du pays », a-t-il plaidé.
Il a réaffirmé la volonté de son parti de soutenir le gouvernement actuel, tout en laissant planer une possible motion de censure : « Si le Pastef le souhaite, ce gouvernement peut tomber en 72 heures. Mais nous ne le censurerons pas. Nous allons l’accompagner pour qu’il réussisse. »
Sonko a également appelé à la modération, dénonçant des provocations envers ses partisans et exhortant la jeunesse sénégalaise au calme. Il a rappelé les violences qui ont marqué la période 2021-2024, où des manifestations ont été violemment réprimées sous l’ancien régime, faisant de nombreuses victimes, majoritairement des jeunes.
« La paix ne peut se construire à sens unique. Il faut deux pour danser la paix », a-t-il conclu, insistant sur la nécessité d’un dialogue politique intelligent et apaisé pour éviter de replonger le pays dans une période sombre.