3 août 2026

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Mali : condamnation d’un journaliste après ses critiques envers la junte

Mali : un journaliste condamné pour ses critiques envers la junte militaire

Bamako — Le journaliste malien Chahana Takiou, directeur de publication du bihebdomadaire 22 Septembre, a été condamné à une peine d’un an de prison, dont six mois ferme, par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Cette décision, rendue ce lundi, intervient après des propos tenus lors d’un forum des médias à Bamako, où il avait dénoncé l’utilisation de la loi sur la cybercriminalité contre les journalistes.

Portrait d’un journaliste malien condamné pour ses critiques envers la junte

Un verdict sévère dans un contexte de tensions persistantes

Lors de son intervention au Forum panafricain des médias, Chahana Takiou avait vivement critiqué les autorités de transition, soulignant que les délits de presse devraient être jugés selon une législation dédiée. Ses déclarations, jugées subversives par certains, ont été saluées par une partie de l’assistance qui y voyait une défense des principes démocratiques. Pourtant, cette condamnation illustre les défis croissants auxquels sont confrontés les professionnels des médias au Mali.

Les avocats du journaliste ont dénoncé une décision plus sévère que prévu, reflétant selon eux une volonté des autorités de restreindre l’espace public. Depuis le coup d’État de 2020, dirigé par le général Assimi Goïta, les organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse multiplient les alertes sur les restrictions imposées aux médias, à travers des poursuites judiciaires, des arrestations arbitraires et la dissolution de partis politiques.

Une liberté de la presse en recul selon les observateurs

Dans son dernier classement mondial de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) place le Mali à la 121ᵉ position sur 180 pays. Cette situation s’inscrit dans un contexte de crise sécuritaire prolongée, marquée par des attaques jihadistes, des violences intercommunautaires et une instabilité politique chronique. La condamnation de Chahana Takiou s’ajoute à une série d’affaires similaires, rappelant les risques encourus par ceux qui osent questionner le pouvoir en place.

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