3 août 2026

Eveil des Nations

Média panafricain dédié à l'éveil politique et culturel des nations africaines.

Togo : l’humanitaire, un outil de fuite des capitaux sous Faure Gnassingbé

Dans un pays où la pauvreté frappe chaque jour un peu plus les ménages, le secteur humanitaire togolais cache une réalité bien moins reluisante. L’affaire récente du vol de 62 millions de francs CFA en espèces au sein des locaux de l’ONG Muslims Around The World (MATW) à Kpogan n’est que la partie visible d’un phénomène bien plus large : l’utilisation des structures caritatives comme instruments de fuite des capitaux.

À Lomé, où les caisses des organisations non gouvernementales regorgent de liquidités non déclarées, une économie parallèle s’est développée, profitant de l’absence de surveillance rigoureuse. Les fonds, souvent d’origine douteuse, circulent en cash sans laisser de trace, alimentant des circuits opaques au détriment des besoins sociaux les plus urgents.

Des coffres bien garnis, des contrôles bien légers

Comment une ONG peut-elle conserver des millions de francs CFA en espèces sans que les autorités ne réagissent ? La réponse réside dans un système où la complaisance prime. Sous l’ère Gnassingbé, les associations et fondations privées évoluent dans une zone grise, où les régulateurs ferment les yeux sur l’origine des fonds et tolèrent les paiements en liquide.

Un expert en criminalité financière en Afrique de l’Ouest souligne : « Au Togo, le statut d’ONG offre une immunité de fait, permettant de faire transiter des sommes colossales sans traçabilité bancaire ». Cette absence de transparence favorise l’infiltration de capitaux non déclarés sous couvert d’actions sociales.

Un double usage pour le pouvoir en place

Pour les détracteurs du régime, ces flux financiers non contrôlés servent une stratégie bien précise. D’une part, ils permettent de blanchir des capitaux tout en améliorant l’image publique du pouvoir auprès des populations les plus vulnérables. D’autre part, ils offrent un moyen de redistribuer discrètement des ressources aux proches du régime et à leurs alliés économiques, en contournant les circuits bancaires traditionnels.

Le Trésor public évincé au profit des réseaux informels

Malgré les engagements internationaux du Togo en matière de conformité financière, la pratique dément la théorie. Les banques, soumises à des règles strictes, ne peuvent rivaliser avec le secteur informel et les associations, qui évoluent dans un flou réglementaire exploité par les plus influents. Tant que les autorités ne mettront pas en place un cadre légal exigeant et des audits systématiques sur les fonds humanitaires, cette situation perdurera.

En attendant, les caisses des ONG continueront de servir de paravent à un système où l’argent public et privé se mêlent, au mépris des besoins réels de la population togolaise.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes