Le pouvoir de RDC face à la résistance populaire sur la réforme constitutionnelle
Le pouvoir congolais reste ferme sur sa réforme constitutionnelle malgré la mobilisation populaire
Kinshasa a vécu une journée de tension politique majeure ce mercredi, marquée par une ville morte décrétée par l’opposition. Pourtant, le président Félix Tshisekedi et son camp maintiennent leur projet de modification de la Constitution, déclenchant un nouveau bras de fer avec les partis d’opposition réunis au sein de la Coalition Article 64.
Si l’opposition revendique un large soutien populaire, la majorité présidentielle minimise l’impact de la mobilisation et confirme sa détermination à faire aboutir cette réforme institutionnelle.
Une capitale paralysée sous haute tension sécuritaire
Dès les premières heures de la matinée, les rues de Kinshasa ont pris une allure fantomatique. Les habitants, craignant des violences ou simplement respectant l’appel à la grève, sont restés chez eux. Les forces de sécurité, déployées en nombre, ont renforcé cette atmosphère de contrôle absolu.
Un témoignage poignant illustre cette situation de blocage :
« Aucun élève en vue, aucune voiture qui circule. Les écoles sont fermées, personne ne veut que la Constitution soit modifiée. Si nous avions accepté, nous serions déjà au travail. Le peuple refuse catégoriquement ce changement. »
Un autre résident a partagé son expérience :
« Ici, c’est l’étouffement total. Partout où je regarde, il y a des militaires et des policiers qui dispersent les rassemblements. Impossible de sortir, ni en voiture ni à moto. Les commerces sont tous fermés. La situation est intenable. »
L’opposition célèbre une mobilisation historique
Pour les leaders de la Coalition Article 64, cette journée de protestation s’inscrit comme une victoire populaire. Ils affirment que la population a massivement répondu à leur appel et préparent déjà de nouvelles actions d’envergure pour faire obstacle à la réforme constitutionnelle.
Prince Epenge, porte-parole du front Lamuka, a livré une analyse sans équivoque :
« Les Kinois ont répondu à 99,9 % à l’appel de l’opposition. En restant chez eux, au-delà de l’obéissance à notre consigne, le peuple a clairement désavoué Félix Tshisekedi et sa manœuvre antidémocratique visant à modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir. À lui de comprendre ce message fort envoyé par une population confinée chez elle. »
Le pouvoir en place ignore les protestations et maintient sa trajectoire
Une position que réfute avec force la majorité présidentielle. Les responsables de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) assurent que l’appel à la grève n’a pas eu l’écho escompté par l’opposition. Selon eux, la vie économique et sociale de Kinshasa a continué de fonctionner normalement.
Christian Lumu Lukusa, vice-président de la Ligue des jeunes de l’UDPS, a tenu à démentir les allégations d’une ville paralysée :
« Malgré les tentatives de certains leaders de l’opposition pour semer la panique et appeler à des violences, le peuple n’a pas suivi leurs consignes. Je vous l’affirme : Kinshasa est en pleine activité ! »
Le responsable a également réitéré l’engagement de son camp à finaliser la réforme constitutionnelle, présentée comme une nécessité pour moderniser les institutions congolaises :
« Le projet de modification de la Constitution sera maintenu car il répond à une exigence nationale et à la volonté de moderniser nos structures politiques. »
Un référendum controversé au cœur des débats
Christian Lumu Lukusa a précisé que la réforme devra être soumise à un référendum, conformément à la loi référendaire adoptée par l’Assemblée nationale le 27 mai dernier. Une perspective que l’opposition rejette catégoriquement, la qualifiant d’illégale au regard de la Constitution actuelle.
Ce profond désaccord entre les deux camps laisse présager de nouvelles escalades dans les semaines à venir, dans un climat politique déjà extrêmement tendu.