Le Cameroun peut-il éviter l’importation de l’ébola avec la frontière nigériane à portée de main ? Environnement Par Ali Mahamane - 26 octobre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture3 min×1 Une frontière poreuse, un risque sanitaire imminent Avec plus de 1 500 kilomètres de frontière commune, le Cameroun et le Nigeria entretiennent des échanges humains et commerciaux permanents. Pourtant, cette proximité géographique représente aujourd’hui un défi majeur face à la résurgence d’Ebola. La détection d’un cas au Nigeria a immédiatement activé les alarmes sanitaires à Yaoundé. Les populations locales, comme Aurélien Ngouffo, ingénieur agronome, s’interrogent sur les moyens concrets pour endiguer cette menace. Pour lui, « le vrai problème réside dans l’impossibilité de contrôler totalement ces flux transfrontaliers. Les mouvements de population sont trop fluides, et malgré les contrôles, le risque de pénétration du virus reste élevé.” Des dispositifs sanitaires renforcés, mais encore fragiles Face à cette urgence, le Cameroun mobilise ses ressources pour éviter une contamination. À l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, une unité de quarantaine de trois lits a été aménagée pour isoler d’éventuels cas suspects. Le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, inspecte actuellement les préparatifs, avec des annonces imminentes, notamment à Douala, l’autre grand aéroport du pays. Les priorités ? Réduire les risques d’introduction du virus, améliorer la détection précoce et sensibiliser les acteurs locaux. « Il faut que chaque secteur s’implique : administrations, professionnels de santé, partenaires techniques. Nous devons être prêts à identifier, isoler et prendre en charge sans délai toute suspicion », souligne un responsable sanitaire. Quand la mémoire des épidémies passées rappelle les limites du système En 2014, lorsque l’épidémie d’Ebola frappait l’Afrique de l’Ouest, le Cameroun avait choisi de fermer ses frontières avec le Nigeria. Une mesure radicale, mais temporaire. Aujourd’hui, la question se pose à nouveau : ces restrictions sont-elles réalistes ? La réponse divise. Si certains y voient un rempart nécessaire, d’autres doutent de leur efficacité, surtout dans un contexte où le choléra fait déjà des ravages dans l’Extrême-Nord. « Notre système de santé manque cruellement de projections. Nous ne maîtrisons même pas notre propre démographie ! Si nous peinons déjà à endiguer le choléra, comment affronterions-nous Ebola ? », s’inquiète Aurélien Ngouffo. La cellule de crise reste sur le qui-vive Au-delà des annonces officielles, l’enjeu actuel se situe dans l’action. Renforcer les équipes médicales, équiper les centres de santé et former les soignants deviennent des impératifs. Chaque seconde compte : détecter un cas suspect, l’isoler, protéger les professionnels de santé et tracer les contacts. Autant de maillons essentiels pour éviter une propagation incontrôlable. La menace est réelle, mais le Cameroun a déjà prouvé sa résilience face aux crises sanitaires. Reste à savoir si cette fois-ci, les mesures prises seront à la hauteur du défi. Par Ali Mahamane — Journaliste Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)EnvironnementTous les articles