15 août 2026

Eveil des Nations

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La rupture Sonko-Diomaye Faye : un écran de fumée pour détourner l’attention ?

Un partenariat politique en question : promesses non tenues et réformes oubliées

Le duo Diomaye Faye et Ousmane Sonko avait un mandat clair : moderniser les institutions et s’attaquer aux dysfonctionnements structurels. Pourtant, malgré leur majorité parlementaire acquise quelques mois après leur accession au pouvoir, les réformes promises tardent à se concrétiser. La réforme du Conseil supérieur de la magistrature, annoncée comme une priorité, reste lettre morte. Les appels à candidatures pour les postes de direction, explicitement mentionnés dans leur programme, n’ont jamais abouti. Pire encore, la loi d’amnistie, promise à l’abrogation, a été maintenue en l’état, suscitant de vives interrogations sur leur engagement.

Des fonds politiques à l’épreuve de la transparence

Autre point de friction : la gestion des fonds politiques. Malgré une réforme législative simple à mettre en œuvre, nécessitant uniquement une majorité parlementaire – qu’ils détenaient –, aucun encadrement n’a été instauré. Pire, ces fonds ont été partagés entre les deux leaders sans aucune justification publique, comme si la transparence n’était qu’un concept facultatif. Cette opacité contraste avec les exigences de l’ONU et de l’Union Africaine, qui insistent sur la déclaration systématique des patrimoines pour lutter contre la corruption.

Rupture ou diversion politique ?

L’éclatement de leur alliance donne lieu à des manœuvres politiques déconcertantes. Ceux qui, hier, freinaient toute réforme sous prétexte de cohésion gouvernementale, se découvrent aujourd’hui des ambitions réformistes fulgurantes. Cette volte-face interroge : s’agit-il d’un sursaut patriotique tardif ou d’une tentative de camoufler des manquements passés sous une avalanche de promesses ? L’Assemblée nationale, institution républicaine par excellence, mérite mieux que des règlements de comptes stériles et des postures opportunistes.

Une responsabilité collective à assumer

La rupture entre Diomaye Faye et Sonko ne doit pas servir de paravent à une opération de blanchiment politique. Les deux leaders ont une responsabilité partagée dans la gestion des affaires publiques. Leurs promesses non tenues et leurs choix controversés ne s’effacent pas par magie. Il est temps de rendre des comptes, non pas à travers des déclarations spectaculaires, mais par des actes concrets et une gestion transparente des deniers publics.

Thierno Bocoum
Président AGIR- LES LEADERS

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