12 août 2026

Eveil des Nations

Média panafricain dédié à l'éveil politique et culturel des nations africaines.

Cherté de vie au Tchad : face à la hausse des prix, le sociologue Remadji Ngaba alerte sur l’urgence d’agir

La survie au quotidien : quand 2 000 francs tchadiens ne suffisent plus

Avec un budget quotidien de survie fixé à 2 000 francs tchadiens, les familles du Tchad doivent composer avec une réalité implacable. Pour une famille de cinq à six membres, cela se traduit par seulement 375 francs par personne et par jour. Dans les cuisines tchadiennes, cette somme se traduit par des sacrifices extrêmes : les protéines disparaissent en premier des assiettes, suivies des légumes. L’équilibre alimentaire devient un luxe inaccessible, et les enfants grandissent souvent avec des carences nutritionnelles.

Une résilience qui cache une crise profonde

Le sociologue Remadji Ngaba décrit une situation où le panier de la ménagère est « vraiment vide ». Face à cette précarité, les Tchadiens ont développé une résilience psychologique, indispensable pour supporter l’insoutenable. Sans cette force mentale, la crise serait ingérable. Mais cette résilience ne doit pas servir de prétexte pour minimiser l’urgence de la situation.

La femme, première victime de la cherté de vie

Selon Remadji Ngaba, c’est la femme qui porte le poids le plus lourd de cette crise. En tant que responsable principale du foyer, elle subit de plein fouet les conséquences de la hausse des prix. Lorsqu’elle revient du marché, ses plaintes ne sont pas exagérées : c’est le reflet d’une souffrance quotidienne. Les autorités, souligne-t-il, n’exercent aucun contrôle durable sur les prix. Les mesures ponctuelles n’ont aucun effet à long terme : « Après quoi, tout revient à la case départ ».

Des terres cultivables, mais un pays qui a faim

Le Tchad dispose de 33 millions d’hectares de terres arables sur un territoire de 1 284 000 km². Pourtant, le pays souffre de pénuries alimentaires. La vie chère frappe particulièrement les zones urbaines, où tout s’achète. Mais les zones rurales ne sont pas épargnées : les paysans et éleveurs subissent des pressions constantes, des dévastations de champs par le bétail, et l’absence de justice. Sous cette pression, beaucoup abandonnent les campagnes. Pourtant, comme le rappelle le sociologue, « on ne peut pas tous vivre à N’Djamena. Ce n’est pas en sécurité ».

Conflits et exode rural : un cercle vicieux

Les tensions entre agriculteurs et éleveurs paralysent la petite production locale, qui pourrait pourtant contribuer à réduire les prix sur les marchés urbains. Remadji Ngaba plaide pour une protection accrue des deux parties : « Les agriculteurs doivent être protégés. Les éleveurs doivent être protégés ». Sans cette stabilité, la production alimentaire locale reste fragile.

Un SMIG figé depuis 2011 face à une inflation galopante

Le SMIG tchadien reste bloqué à 60 000 francs CFA depuis 2011, alors que les prix ont doublé. À N’Djamena, une chambre correcte coûte déjà entre 20 000 et 25 000 francs. Entre loyer, électricité et charges, le salaire fond comme neige au soleil. Les dirigeants, observe le sociologue, « ont faim aussi », mais leur action doit aller plus loin : « Ils voyagent, nous voyageons. Ils voient comment les autres nations améliorent le quotidien de leur peuple ».

Des solutions concrètes pour enrayer la crise

Pour remédier à cette situation, Remadji Ngaba propose des mesures pragmatiques : subventionner les projets agricoles, valoriser les ressources en eau et instaurer un suivi régulier des prix sur les marchés. Ces actions pourraient, à terme, soulager les ménages et redonner espoir aux Tchadiens.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes