29 septembre 2026

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Défense : le Bénin ajoute l’Algérie à son dispositif de coopération militaire

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Le Bénin a officiellement ouvert un canal de coopération militaire avec l’Algérie. Le 24 septembre 2026, le ministre délégué chargé de la Défense nationale, Gildas Agonkan, a reçu à Cotonou l’ambassadeur d’Algérie près le Bénin, Ammar Hadjar. Objectif : renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées béninoises grâce à l’expertise algérienne en matière de lutte contre les groupes armés.

Une rencontre pour poser les bases d’un partenariat

La rencontre entre Gildas Agonkan et Ammar Hadjar a porté sur le renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines de la défense et de la sécurité. L’Algérie s’est dite prête à partager son expérience opérationnelle, notamment à travers la formation des troupes et le développement des capacités.

Cette offre intervient dans un contexte régional marqué par des menaces asymétriques et l’évolution des modes opératoires des groupes armés. Pour Cotonou, il ne s’agit pas seulement d’obtenir du matériel, mais aussi de renforcer les compétences, la préparation opérationnelle et l’interopérabilité des forces.

Ce que l’Algérie peut apporter

L’armée algérienne dispose d’une expérience reconnue dans la lutte antiterroriste. Le ministère algérien de la Défense met régulièrement en avant ses capacités et son retour d’expérience dans ce domaine. Pour le Bénin, cette expertise constitue un complément utile aux formations déjà dispensées au niveau national.

Gildas Agonkan a exprimé le souhait de tirer davantage profit de cette expérience et a plaidé pour des accords-cadres couvrant différents aspects de la défense nationale. L’objectif affiché : construire une coopération durable et renforcer les capacités opérationnelles des forces béninoises.

Une diversification assumée des partenaires

L’ouverture vers Alger ne constitue pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large engagée par le Bénin avec plusieurs partenaires. Ces derniers mois, Cotonou a multiplié les échanges dans le domaine de la défense avec différents pays, notamment les États-Unis, les Émirats arabes unis, l’Allemagne et les Pays-Bas.

Le ministère béninois de la Défense fait lui-même état d’une politique de coopération militaire avec plusieurs États et d’accords permettant notamment aux militaires béninois de bénéficier de stages de formation et de perfectionnement à l’étranger. La logique est claire : multiplier les canaux de coopération afin de disposer d’un éventail plus large d’expertises, de formations et de capacités.

Des partenariats adaptés aux réalités sécuritaires

Cette approche permet aussi au Bénin de rechercher des partenariats adaptés à ses propres réalités sécuritaires, notamment dans le nord du pays, où les forces sont confrontées à la menace des groupes armés actifs dans l’espace sahélien.

Renforcer d’abord les capacités nationales

La coopération militaire ne signifie pas transfert de responsabilité. Le principe demeure celui du renforcement des capacités nationales. Le Bénin dispose déjà de ses propres structures de formation et de perfectionnement.

En juillet 2026, l’École nationale supérieure des armées (ENSA) a notamment enregistré un taux de réussite de 96,15 % pour sa 22ᵉ promotion du stage préparatoire au diplôme d’état-major, avec des auditeurs issus de sept pays. Le ministère présente cette école comme un outil de formation et de résilience des forces.

L’ouverture à l’expertise étrangère vient donc compléter cet effort plutôt que s’y substituer. La démarche engagée avec Alger pourrait ainsi permettre aux militaires béninois de confronter leurs méthodes à d’autres expériences, d’acquérir de nouvelles compétences et de renforcer leur capacité à répondre à des menaces dont les formes évoluent rapidement.

Cotonou garde la main sur sa coopération sécuritaire

Aucune date de signature d’un accord-cadre entre les deux pays n’a encore été annoncée. Les discussions doivent donc se poursuivre avant une éventuelle formalisation de nouveaux engagements. Mais le signal politique et stratégique est déjà visible : le Bénin ne ferme aucune porte en matière de coopération sécuritaire.

De Washington à Abou Dhabi, de Berlin à Alger, en passant par d’autres partenaires, Cotonou cherche à multiplier les sources d’expertise et de formation. Dans un environnement régional marqué par la progression des menaces asymétriques, cette diversification constitue surtout une manière pour le Bénin de consolider progressivement ses propres capacités de défense, en combinant son expérience nationale avec celle de partenaires disposant de compétences différentes.

L’offre algérienne arrive ainsi dans un paysage déjà en mouvement. Elle ajoute une nouvelle pièce à une architecture sécuritaire que le Bénin cherche à construire autour d’un principe simple : renforcer ses forces, diversifier ses partenaires et conserver la maîtrise de ses choix de défense.

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