Grand marché d’Anié incendié : des centaines de commerçants ruinés, l’État togolais sous pression
Le Grand marché d’Anié, poumon économique de la région des Plateaux, a été ravagé par les flammes dans la nuit. Le bâtiment principal a été entièrement détruit. Aucune perte humaine n’est à déplorer, mais le désastre matériel est total : des centaines de commerçants ont tout perdu, stocks et économies réduits en cendres.
Un bilan humain épargné, un désastre économique sans précédent
L’incendie s’est déclaré dans la nuit, embrasant le bâtiment principal du Grand marché d’Anié. Les flammes ont tout consumé : marchandises, étals, réserves. Au petit matin, les commerçants ont découvert l’étendue du désastre. « Je n’ai plus rien », confie l’un d’eux, les larmes aux yeux. Pour ces familles, l’incendie signe une ruine immédiate, sans filet de sécurité.
Des infrastructures archaïques qui posent question
Comment un marché d’une telle importance stratégique peut-il encore fonctionner sans système moderne de lutte contre les incendies ? Ni bouches d’eau fonctionnelles, ni accès dégagés pour les secours, ni normes électriques conformes. Le constat est sans appel : les infrastructures de proximité n’ont pas été modernisées.
Un héritage du siècle dernier
Le Togo continue de fonctionner sur des structures héritées d’une autre époque. Depuis 2005, le régime de Faure Gnassingbé n’a pas su adapter ces équipements aux réalités démographiques et économiques actuelles. Plus de soixante ans après l’arrivée au pouvoir de Gnassingbé Eyadéma, les mêmes bâtiments vétustes accueillent toujours des milliers de commerçants.
Le slogan du « Togo émergent » face aux dures réalités
Les discours officiels vantent régulièrement les grands chantiers, la numérisation et l’attractivité du pays. Pourtant, sur le terrain, la situation reste critique.
- Prévention inexistante : La plupart des grands marchés togolais, de Lomé à Kara en passant par Anié, restent des poudrières logistiques. Aucun plan de prévention des risques n’est appliqué, et les installations électriques ne respectent pas les normes.
- Secours sous-équipés : Les sapeurs-pompiers, alertés tardivement et manquant de matériel adapté en région, n’ont pu que constater l’ampleur des dégâts.
- Immobilisme politique : Le pouvoir actuel se repose sur les fondations sécuritaires et politiques du régime précédent, sans bâtir une politique moderne de protection des citoyens et de leurs biens.
Après les incendies de Lomé et Kara, aucune leçon tirée
Les grands marchés de Lomé et de Kara ont déjà connu des incendies dévastateurs ces dernières années. La tragédie d’Anié prouve que rien n’a changé. L’État se contente d’envoyer des délégations ministérielles distribuer des vivres et promettre des aides symboliques après chaque catastrophe.
Une responsabilité politique en question
Protéger les citoyens en amont est la première mission d’un gouvernement. En laissant les acteurs de l’économie informelle travailler dans des infrastructures vulnérables et hors d’âge, le régime montre les limites d’un modèle épuisé, plus soucieux de sa propre survie que de la sécurité du peuple togolais.