14 août 2026

Eveil des Nations

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Ambulance médicalisée : un outil vital pour l’Hôpital d’Oïcha au Nord-Kivu

Une ambulance médicalisée flambant neuve a été officiellement remise à l’Hôpital Général de Référence (HGR) d’Oïcha, dans le Nord-Kivu, pour renforcer la prise en charge des urgences médicales. Ce véhicule, spécialement conçu pour les transferts rapides et gratuits, est destiné à évacuer les patients les plus vulnérables : femmes enceintes en situation critique, survivantes de violences sexuelles, enfants et blessés de guerre. Jusqu’alors, l’absence de moyens de transport adaptés transformait ces déplacements en parcours semés d’embûches.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme national « zéro franc à la caisse », financé par le FONAREV. Ce fonds, dédié aux réparations des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et d’autres crimes contre l’humanité, permet de couvrir intégralement les coûts des soins et des évacuations.

Le Médecin directeur par intérim de l’HGR d’Oïcha, le Dr Kaseraka Nzala Essaie, a chaleureusement remercié l’engagement de l’UNFPA. Il a salué cette contribution comme un symbole fort de survie dans une région où les attaques armées se multiplient. Ses propos reflètent l’urgence de la situation :

« Dans un contexte marqué par des violences récurrentes, cette ambulance n’est pas qu’un véhicule : c’est une bouée de sauvetage. Chaque minute gagnée ici sauve des vies. »

Par ailleurs, des travaux de réhabilitation de la salle d’accouchement sont en cours pour améliorer les conditions de travail des équipes soignantes. Avec 89 lits disponibles et près de 350 accouchements par mois, l’HGR d’Oïcha fait face à une pression démographique croissante, aggravée par l’afflux de déplacés fuyant les violences.

Une prise en charge globale pour les victimes

Lors de sa visite, le représentant de l’UNFPA a également inspecté le Centre Intégré de Services Multisectoriels (CISM) intégré à l’hôpital. Ce centre offre un accompagnement holistique aux survivants de violences sexuelles et aux victimes de violences basées sur le genre. Les services proposés couvrent les soins médicaux, l’appui psychosocial, l’assistance juridique et la réinsertion sociale. Plusieurs bénéficiaires ont témoigné de l’impact positif de ces dispositifs sur leur reconstruction.

Alain Akpadji, représentant résident de l’UNFPA en RDC, avec des survivantes au Centre Intégré de Services Multisectoriels d’Oïcha, Nord-Kivu.

Oïcha, au cœur d’une crise humanitaire et sanitaire

Le territoire de Beni, où se situe Oïcha, subit une dégradation sécuritaire alarmante. Les attaques perpétrées par le groupe armé ADF ont provoqué le déplacement de milliers de familles, augmentant la population de Beni et Oïcha de plus de 40 %. Ces déplacés, souvent en situation de grande précarité, s’ajoutent à la pression sur les structures de santé.

À cette crise s’ajoute la 17ᵉ épidémie de Maladie à Virus Ebola (souche Bundibugyo), qui aggrave encore la vulnérabilité des populations locales. Les violences sexuelles liées aux conflits et les violations des droits humains restent des fléaux récurrents dans la région.

Un partenariat international pour la résilience

Ce don s’inscrit dans le cadre d’un Programme Conjoint des Nations Unies, financé par le FONAREV. Piloté par l’UNFPA, ce programme rassemble le PNUD, l’UNICEF, ONU Femmes, le BCNUDH et d’autres acteurs clés. Il vise à soutenir les victimes de violences sexuelles liées aux conflits et de crimes graves, en collaboration avec des ONG locales comme PPSSP, Heal Africa et TPO. Ces mesures d’urgence visent à restaurer la dignité et à offrir une réparation aux populations du Nord et du Sud-Kivu.

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