2 juin 2026

Eveil des Nations

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Tchad : l’échec politique et la tragédie des conflits intercommunautaires

Tchad : l’échec politique et la tragédie des conflits intercommunautaires

Depuis près de quatre décennies, un schéma se répète inlassablement au Tchad. Les acteurs changent, les discours se renouvellent, mais au final, l’histoire reste la même : celle d’un pays où les tensions intercommunautaires sont entretenues plutôt que résolues. Le sang versé chaque jour porte une couleur précise, celle d’une gouvernance qui a échoué dans sa mission première : protéger et unir sa population.

Tchad : l'échec politique et la tragédie des conflits intercommunautaires

Un théâtre de l’absurde : les conflits mis en scène plutôt que résolus

Quand une dispute éclate pour un puits ou un pâturage, la réaction de l’État tchadien est toujours la même : une mise en scène soigneusement chorégraphiée. Les cortèges officiels sillonnent les villages, les discours paternalistes pleuvent, et les médiations se déroulent sous les projecteurs. Pourtant, une fois que la poussière des convois présidentiels retombe, il ne reste rien. Absolument rien. Ce théâtre coûte des fortunes : le budget d’un seul déplacement officiel suffirait à creuser des centaines de puits modernes, offrant à chacun un accès à l’eau potable. Mais construire des infrastructures durables, c’est renoncer au rôle de sauveur, un rôle que certains dirigeantes semblent adorer jouer.

Des institutions affaiblies, une justice absente

Dans un État fonctionnel, les chefs d’État ne se déplacent pas pour régler des querelles de voisinage. Ils restent dans leurs palais parce que le système judiciaire fonctionne, parce que les conflits sont résolus par des tribunaux indépendants. Au Tchad, c’est tout le contraire : le politique a délibérément affaibli la justice. Pourquoi ? Parce qu’une justice forte menace ceux qui gouvernent par l’arbitraire. En refusant d’instaurer une justice indépendante, l’État force les citoyens à se faire justice eux-mêmes. Mourir pour un puits au XXIe siècle n’est ni une malédiction divine ni une tradition immuable ; c’est le résultat direct d’un vide institutionnel savamment entretenu. L’échec est ici total : préférer gérer des crises plutôt que de bâtir une nation prospère et unie.

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