Projet gazier Yoyo-Yolanda : quelle feuille de route pour l’émergence énergétique du Cameroun et de la Guinée équatoriale ? Économie Par Ali Mahamane - 5 novembre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture3 min×1 Un accord historique au cœur des enjeux énergétiques régionaux Comment deux nations africaines transforment-elles leur coopération gazière en levier d’industrialisation durable ? Le Cameroun et la Guinée équatoriale ont franchi une étape décisive le 4 novembre 2026 à Yaoundé, lors d’une rencontre bilatérale à la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH). L’objectif : finaliser leur position commune sur l’Accord d’Opérations de l’Unité (AOU) des champs gaziers transfrontaliers Yoyo-Yolanda, en amont des négociations avec Chevron, partenaire clé du projet. Une dynamique Sud-Sud pour exploiter un potentiel gazier partagé Les deux délégations, menées respectivement par Nathalie Moudiki (Conseiller N2 à la SNH) pour le Cameroun et Oscar Berniko (Directeur général des entités d’État et des actifs pétroliers au Ministère des Hydrocarbures de Guinée équatoriale), ont acté leur volonté de maximiser la valorisation des ressources gazières communes. Ce projet s’inscrit dans une logique d’avenir, visant à soutenir la croissance économique, l’emploi local et la transition énergétique des deux pays. La coopération entre le Cameroun et la Guinée équatoriale s’appuie sur deux accords fondateurs : L’Accord bilatéral signé le 17 mars 2023 à Yaoundé par les Présidents Paul Biya et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo ; L’Accord d’Unitisation conclu le 3 février 2026 à Malabo, qui encadre l’exploitation conjointe des ressources gazières. Yoyo-Yolanda, un modèle de développement énergétique intégré Cette collaboration transfrontalière dépasse le cadre purement économique : elle incarne une stratégie africaine d’autonomie énergétique. Les champs Yoyo-Yolanda, situés à la frontière maritime des deux pays, représentent un potentiel de plusieurs milliards de mètres cubes de gaz naturel. Leur exploitation coordonnée pourrait : Accélérer l’industrialisation des régions concernées, avec des retombées locales immédiates ; Renforcer la sécurité énergétique des deux nations et de l’Afrique centrale ; Créer des emplois durables dans les secteurs pétroliers, gaziers et annexes. La réunion du 4 novembre 2026 à Yaoundé marque ainsi une étape charnière vers la concrétisation du projet, avec pour horizon la signature des derniers documents et le lancement opérationnel sous égide de Chevron. Quelles perspectives pour l’avenir de la coopération gazière en Afrique centrale ? Au-delà de Yoyo-Yolanda, cette initiative ouvre la voie à d’autres collaborations transfrontalières en Afrique centrale. Le Cameroun et la Guinée équatoriale pourraient servir de référence en matière de gestion partagée des ressources naturelles, inspirant des partenariats similaires au Gabon, au Congo ou en République centrafricaine. Les prochains mois s’annoncent décisifs : les discussions avec Chevron seront déterminantes pour acter les modalités d’exploitation, tandis que les retombées économiques devraient transformer durablement le paysage industriel des deux pays. Une chose est sûre : l’Afrique centrale mise sur son gaz pour écrire son avenir énergétique. Par Ali Mahamane — Journaliste Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)ÉconomieTous les articles