14 août 2026

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Procès Norbert Zongo : un nouveau report judiciaire au Burkina Faso

Procès Norbert Zongo : la justice burkinabè face à un nouveau contretemps

Illustration judiciaire symbolisant la justice et la loi

Plus de 27 ans après l’assassinat du journaliste emblématique Norbert Zongo et de ses trois compagnons, le Burkina Faso peine toujours à rendre justice. Un nouveau rebondissement vient d’écarter, une fois encore, l’échéance du procès. Un pourvoi en cassation, introduit par l’avocat de l’un des accusés, a suspendu la procédure alors que la chambre de l’instruction venait pourtant de valider le renvoi en jugement des mis en cause.

Une décision judiciaire contestée qui relance les tensions

Le 30 juillet 2026, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Ouagadougou avait confirmé la décision du juge d’instruction. Trois hommes devaient répondre de leurs actes devant une juridiction de jugement : Wanga Christophe Combasséré, accusé d’assassinat et de destruction volontaire aggravée de biens ; Banagoulo Yaro, poursuivi pour complicité d’assassinat et de destruction de biens ; et Paul François Compaoré, mis en cause pour incitation à l’assassinat. Pourtant, le 31 juillet, Me Paul Kéré, avocat de Banagoulo Yaro, a introduit un pourvoi en cassation contre cette décision. Le communiqué officialisant ce recours a été rendu public le 13 août 2026.

Ce recours ouvre une nouvelle phase procédurale, repoussant d’autant plus l’organisation du procès. Le procureur général a réaffirmé, dans un communiqué, l’engagement de la justice burkinabè à « traiter ce dossier avec célérité, dans le strict respect des règles et des principes de la procédure ». Une déclaration qui vise à rassurer les parties prenantes, mais qui laisse planer des doutes sur la rapidité avec laquelle la situation pourrait évoluer.

Un dossier aux enjeux politiques et médiatiques persistants

Norbert Zongo, directeur de publication de l’hebdomadaire L’Indépendant, a été assassiné le 13 décembre 1998 sur la route de Sapouy, à environ 100 km au sud de Ouagadougou. Son frère Ernest, son chauffeur Abdoulaye Nikiéma (surnommé Ablassé) et son collaborateur Blaise Ilboudo périrent également dans l’incendie du véhicule. À l’époque, le journaliste enquêtait sur la mort suspecte de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, frère du président en exercice, Blaise Compaoré. Les défenseurs des droits humains et de la liberté de la presse voient dans cette affaire un symbole fort de la lutte contre l’impunité au Burkina Faso.

L’affaire Norbert Zongo dépasse largement le cadre judiciaire. Elle incarne depuis des décennies la résistance face à l’impunité et la défense de la liberté de la presse dans le pays. En 2006, un non-lieu confirmé avait provoqué une vague d’indignation parmi la famille des victimes, les organisations de défense des droits humains et une partie de la société civile burkinabè.

Une relance judiciaire sous pression internationale

Le dossier n’a connu un regain d’attention qu’après la condamnation du Burkina Faso par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples en mars 2014. La juridiction panafricaine avait pointé du doigt les lenteurs et les lacunes de la justice nationale, avant d’ordonner, en juin 2015, la reprise des investigations. Pourtant, malgré ces injonctions, les procédures continuent de s’égrener, et le procès tant attendu reste suspendu à des aléas juridiques.

Plus de 27 ans après les faits, l’affaire Norbert Zongo reste l’un des dossiers judiciaires les plus symboliques du Burkina Faso. Elle illustre, de manière criante, les défis auxquels fait face le système judiciaire burkinabè dans sa quête de justice et de vérité.

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