2 juin 2026

Eveil des Nations

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ONU appelle le Burkina Faso à rétablir l’espace civique et politique

L’ONU exige du Burkina Faso le rétablissement des libertés civiles et politiques

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a lancé un appel pressant au gouvernement du Burkina Faso pour qu’il mette fin aux restrictions imposées à l’espace civique. L’objectif ? Empêcher l’interdiction totale des partis politiques et préserver les droits fondamentaux des citoyens burkinabè.

Appel urgent pour la protection des droits humains au Burkina Faso

Dans un communiqué officiel, Volker Türk a vivement critiqué les mesures récentes prises par les autorités burkinabè. Selon lui, ces décisions « ne représentent pas une avancée pour les droits humains » du peuple burkinabè. Plutôt que d’interdire les formations politiques et d’emprisonner des individus pour leurs opinions, le gouvernement devrait favoriser un environnement où la société civile, incluant les acteurs humanitaires, peut s’exprimer librement. Le respect de la liberté d’association et d’expression ainsi que la levée des interdictions pesant sur les partis politiques s’imposent comme des priorités absolues, conformément aux engagements internationaux du Burkina Faso.

Mesures controversées : dissolution des partis et restrictions accrues

Le 29 janvier 2026, le gouvernement burkinabè a annoncé vouloir dissoudre tous les partis politiques et supprimer leur cadre juridique. Cette initiative s’ajoute à une série de restrictions déjà en vigueur depuis septembre 2022, où les activités politiques avaient été suspendues. En 2025, plusieurs organisations, nationales comme internationales, ont également été touchées par des suspensions arbitraires, souvent justifiées par des motifs flous comme la « collecte non autorisée de données » ou des allégations vagues de menaces à l’ordre public.

L’adoption d’une loi restrictive sur la liberté d’association en juillet 2025, ainsi que le décret du 11 novembre 2025 imposant aux ONG et associations de gérer leurs comptes bancaires uniquement auprès d’une banque d’État, ont encore réduit l’espace d’action de la société civile. Ces mesures, combinées à l’absence de mesures d’atténuation, entravent gravement les opérations humanitaires et l’accès aux populations vulnérables. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) souligne que ces décisions violent le droit international et privent les Burkinabè de leurs droits fondamentaux.

Situation alarmante : arrestations arbitraires et disparitions forcées

Bien que des détenus arbitrairement libérés aient été relâchés l’année précédente, le HCDH continue de recevoir des signalements inquiétants concernant des disparitions forcées et des arrestations arbitraires. Parmi les victimes figurent des journalistes, des magistrats, des dirigeants politiques et des membres d’organisations de la société civile. Ces pratiques sapent la confiance dans les institutions et menacent la stabilité du pays.

Feuille de route : engagements non tenus et actions urgentes requises

En décembre 2025, une feuille de route avait été convenue entre le HCDH et le gouvernement burkinabè. Ce document prévoyait notamment la fin de l’impunité, le respect des droits humains dans les opérations militaires, l’assistance aux victimes et la protection des libertés fondamentales. Pourtant, Volker Türk insiste sur la nécessité d’une application concrète et immédiate de ces engagements. Il exige :

  • L’abrogation des lois restrictives en vigueur ;
  • La facilitation sans entrave de l’acheminement de l’aide humanitaire ;
  • La libération inconditionnelle des détenus arbitrairement emprisonnés ;
  • La reddition de comptes pour les violations des droits humains.

Pour le Haut-Commissaire, un espace civique dynamique et un État de droit solide sont indispensables pour garantir une paix durable, une sécurité renforcée et une cohésion sociale au Burkina Faso. Sans cela, le risque de tensions et d’instabilité persistera.

Face à cette situation critique, l’ONU rappelle que le Burkina Faso doit agir sans délai pour restaurer les libertés civiles et politiques, sous peine de s’isoler davantage sur la scène internationale et de fragiliser davantage la confiance de sa population.

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