28 avril 2026

Mali : les autorités doivent protéger la liberté des partis politiques

Pourquoi la dissolution des partis politiques au Mali menace les droits fondamentaux ?

La récente proposition de dissoudre tous les partis politiques au Mali suscite une vive inquiétude parmi les défenseurs des droits humains. Ousmane Diallo, chercheur sur le Sahel pour Amnesty International en Afrique de l’Ouest et centrale, a alerté sur les risques majeurs que cette mesure ferait peser sur les libertés fondamentales.

« Cette initiative représenterait une violation grave des droits à la liberté d’expression et d’association », a-t-il souligné. Les autorités maliennes doivent mettre fin à la répression croissante de l’espace civique et garantir le respect des droits humains pour tous, y compris les opposants, les militant·e·s et les défenseur·e·s des droits humains.

Selon lui, la dissolution des partis politiques contredirait la Constitution de 2023, qui consacre leur existence et leur droit à « se constituer et à fonctionner librement sous réserve du respect de la loi ». Une telle mesure serait également en désaccord avec les engagements internationaux du Mali, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, tous deux ratifiés par le pays.

Un durcissement inquiétant de l’environnement politique

Depuis 2024, les autorités militaires au pouvoir au Mali ont renforcé la répression contre les formations politiques. Entre avril et juillet 2024, des décrets ont suspendu « les activités des partis politiques et les initiatives à caractère politique des associations », tout en interdisant leur médiatisation.

Plusieurs partis avaient exigé le respect de la Charte de la transition et la tenue d’élections pour rétablir l’ordre constitutionnel. Pourtant, le dialogue national organisé en mai 2024, largement boycotté par les formations politiques, a préconisé une prolongation de la transition jusqu’à la « stabilisation du pays ». Parmi les mesures envisagées figuraient un durcissement des critères de création des partis et la suppression de leur financement public.

En juin 2024, 11 dirigeants de partis politiques ont été arrêtés et accusés de « complot contre l’autorité de l’État » et d’« opposition à l’autorité légitime ». Libérés sous contrôle judiciaire en décembre 2024, leur cas reste emblématique des pressions exercées sur l’opposition.

Pourquoi cette mesure est-elle contestable ?

  • Violation de la Constitution malienne : La dissolution des partis politiques est incompatible avec les principes de 2023.
  • Conflit avec les engagements internationaux : Le Mali s’est engagé à respecter les droits humains via plusieurs traités.
  • Affaiblissement de la démocratie : La répression des partis politiques limite la participation citoyenne et le débat public.

Que faire face à cette situation ?

Les observateurs appellent les autorités à abandonner cette proposition et à privilégier le dialogue. La protection des libertés fondamentales et le retour à un cadre constitutionnel stable sont essentiels pour la stabilité du Mali.

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