3 juin 2026

Eveil des Nations

Média panafricain dédié à l'éveil politique et culturel des nations africaines.

Le président Bassirou Diomaye Faye a-t-il tenté de manipuler la sortie d’Ousmane Sonko ?

Le président Bassirou Diomaye Faye a-t-il tenté de manipuler la sortie d’Ousmane Sonko ?

visage d'Ousmane Sonko lors d'un entretien

Les relations entre le chef de l’État et son ancien Premier ministre prennent une tournure inattendue. Bassirou Diomaye Faye aurait exigé d’Ousmane Sonko une version édulcorée de leur séparation. Des déclarations qui révèlent les tensions au sommet de l’État.

Les coulisses de la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko sont plus complexes que prévu. L’ancien Premier ministre dévoile les détails de son éviction et explique pourquoi il a refusé de jouer le jeu de la communication officielle.

Dans une déclaration exclusive, Ousmane Sonko révèle que le président lui a demandé de présenter leur séparation comme un « accord mutuel ». Une proposition qu’il juge inacceptable, car elle ne reflétait pas la réalité des faits. Selon lui, cette décision aurait été prise unilatéralement par la présidence, sans concertation préalable.

« Il voulait que je dise que nous nous étions séparés d’un commun accord, mais j’ai refusé. Nous n’avions même pas eu l’occasion d’en discuter », confie l’ancien chef du gouvernement. Sonko évoque également une tentative de négociation avortée : il aurait proposé un délai de 24 à 48 heures pour organiser la transition, mais la présidence aurait accéléré le processus sans tenir compte de ses exigences.

Une rupture politique aux méthodes contestées

Ousmane Sonko ne cache pas son amertume face à la manière dont cette séparation a été gérée. Il affirme avoir toujours respecté une règle fondamentale : ne jamais être à l’origine d’une rupture. Pourtant, son départ a été annoncé sans qu’aucune discussion n’ait eu lieu sur les conditions de cette transition.

L’ancien Premier ministre raconte avoir quitté le palais présidentiel dès l’annonce officielle, suivi de plusieurs jours de silence radio entre les parties. Cette période a été marquée par des tensions persistantes, notamment lors de la formation du nouveau gouvernement. Sonko aurait appris que la présidence consultait directement certains ministres sortants issus du parti au pouvoir, une démarche qu’il jugeait inappropriée.

Pour éviter une escalade, il aurait conseillé à ces ministres de ne pas répondre à ces convocations, recommandant de privilégier les canaux officiels du parti. Une position qui aurait encore creusé le fossé entre les protagonistes. Plusieurs jours se sont écoulés avant qu’une tentative de réconciliation ne soit envisagée.

Sonko aurait alors proposé une rencontre incluant plusieurs responsables politiques clés, comme Birame Souleye Diop, El Malick Ndiaye, Alioune Sall et Daouda Ngom. Malheureusement, cette initiative n’a jamais abouti, laissant les tensions intactes.

Les pourparlers finaux se seraient finalement déroulés avec le nouveau Premier ministre, Al Aminou Lo. Mais aucun accord n’a été trouvé sur des sujets cruciaux, tels que la reddition des comptes, la gestion de la dette publique ou les questions judiciaires. Ces désaccords persistent, révélant les profondes divergences au sein de l’exécutif.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes