Justice gabonaise rejette libération de l’opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze
Justice gabonaise maintient en détention l’opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze
L’ancien Premier ministre gabonais Alain-Claude Bilie-By-Nze reste incarcéré à Libreville après que la cour d’appel ait rejeté, mardi, sa demande de nullité de procédure. Ses avocats dénoncent une détention jugée arbitraire et une procédure entachée d’irrégularités. L’affaire suscite une vive polémique au sein de la classe politique gabonaise.
La cour d’appel confirme le maintien en détention malgré les protestations
Principal opposant au président Brice Oligui Nguema, Alain-Claude Bilie-By-Nze est détenu depuis le 16 avril dans le cadre d’une enquête pour abus de confiance et escroquerie présumés remontant à 2008. La cour d’appel de Libreville a rejeté la demande de nullité de procédure déposée par sa défense, prolongeant ainsi son incarcération. Ses avocats soulignent que les faits reprochés seraient prescrits depuis plusieurs années, estimant l’absence de base pénale solide.
La défense dénonce des irrégularités dans la procédure
Me Arthur Vercken, avocat de l’opposant, a qualifié la détention de « violation grave » des droits gabonais et des principes du procès équitable. Le parti Ensemble pour le Gabon affirme que l’arrestation s’est déroulée dans des conditions « brutales » et que l’accès à ses conseils juridiques a été refusé durant les premières heures de garde à vue, avant son placement sous mandat de dépôt.
Le président Oligui Nguema invoque l’indépendance de la justice
Interrogé sur cette affaire, le président Brice Oligui Nguema a réaffirmé que l’exécutif n’interférait pas dans le processus judiciaire. « Il s’agit d’une affaire privée, je n’ai aucun rôle à jouer », a-t-il déclaré, insistant sur la séparation des pouvoirs au Gabon. Ancien Premier ministre sous Ali Bongo, Alain-Claude Bilie-By-Nze avait été défait par Brice Oligui Nguema lors de l’élection présidentielle de 2025. Son arrestation fait suite à ses prises de position critiques envers le pouvoir, notamment sur la suspension des réseaux sociaux et la réforme du code de la nationalité.