Le premier ministre sonko exprime sa fureur face aux gaspillages et à l’impunité au Sénégal
Au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé un Conseil interministériel le jeudi 21 mai, où il a manifesté une vive indignation. Le chef du gouvernement a fermement dénoncé la gestion de plusieurs dossiers et réitéré ses accusations de prévarication massive à l’encontre de l’administration précédente, sous la présidence de Macky Sall.
Face à la présentation d’un audit détaillé sur le patrimoine et les infrastructures publiques, Ousmane Sonko a déclaré que « les faits dépassent l’entendement ». L’inventaire, élaboré par la Primature, révèle que 245 projets d’infrastructures et d’actifs stratégiques sont actuellement à l’arrêt, incomplets ou sous-utilisés. Le coût total de ces dysfonctionnements excède les 5 000 milliards de FCFA, une somme comparable au budget annuel de la nation sénégalaise. Le Premier ministre a vivement critiqué cette situation, la qualifiant de « gaspillage pur et simple », soulignant même que ce montant pourrait correspondre à la dette publique du pays.
Un constat alarmant s’ajoute à ce tableau : sur les 94 chantiers en cours à travers le pays, 62 sont virtuellement paralysés, engloutissant plus de 5 227 milliards de FCFA. Le cas du lycée de Sandiara a particulièrement indigné Ousmane Sonko. Initié en 2014, ce projet éducatif reste inachevé après douze ans. « Douze ans pour construire un lycée. C’est une aberration », a-t-il fulminé, exprimant son profond choc face à une telle inertie.
Ousmane Sonko et l’impératif de la reddition des comptes
Le Premier ministre a également saisi cette opportunité pour adresser de vives critiques au système judiciaire. Il l’accuse ouvertement de protéger les figures influentes, les « barrons », de l’ancien régime, ainsi que les présumés coupables de détournement de fonds publics.
« Parfois, j’ai des doutes. Je me demande si cela vaut la peine de poursuivre. Dans ce pays, on peut faire n’importe quoi et bénéficier d’une protection. Le système demeure intact », a-t-il confié, exprimant un profond désarroi. Ousmane Sonko a même soulevé l’hypothèse de « sabotages judiciaires » présumés, impliquant certains magistrats. Il a insisté : « Les dossiers ne sont pas la propriété des magistrats, mais celle du peuple », avant d’avertir qu’il pourrait « hausser le ton » dans les semaines à venir, signalant une détermination accrue à combattre la corruption au Sénégal.