Le destin hors du commun de Babily Dembélé : entre architecture, politique et action sociale
D’origine humble et ayant bravé de multiples obstacles dès son plus jeune âge, Babily Dembélé s’est imposé comme une personnalité incontournable en Côte d’Ivoire. Son itinéraire, mêlant architecture, politique, entrepreneuriat et philanthropie, témoigne d’une ténacité exemplaire et d’une foi inébranlable.
Né dans un contexte de grande pauvreté, il a traversé divers horizons spirituels, de l’animisme au catholicisme avant de rejoindre l’islam. Enfant d’un agriculteur et d’une mère au foyer, il a grandi dans la précarité. Son père, ayant quitté Kouto pour Dimbokro avant de se fixer à Brofodoumé grâce au soutien de la famille BECHE, lui a transmis des valeurs fondamentales de probité et de persévérance.
Une jeunesse forgée par l’adversité
Le parcours de Babily Dembélé est marqué par des épreuves précoces. Envoyé à Sassandra, il a connu des conditions de vie rudes, allant jusqu’à dormir dans un poulailler. Ces difficultés ont forgé sa résilience. Sa rencontre avec un prêtre français, le Père Alib, a été déterminante, lui offrant un encadrement moral et scolaire précieux. Brillant élève, il s’est illustré comme l’un des meilleurs de sa promotion.
Pendant ses études, il a côtoyé des figures telles que Maître Boga Doudou et Adama Koné. En 1978, son génie pour les mathématiques lui a valu d’être lauréat national. Ce succès a attiré l’attention du président Félix Houphouët-Boigny, qui a financé ses études supérieures. Il a ainsi intégré l’Académie des sciences de Paris, d’où il est ressorti diplômé en architecture expert.
Une expertise internationale et un engagement étatique
Toujours en quête de savoir, il a complété son cursus à l’Université Al-Azhar en Égypte, se spécialisant en anthropologie des cultures. Ce bagage intellectuel a nourri son approche du développement. À son retour en Côte d’Ivoire dans les années 80, il a rejoint la Banque Africaine de Développement (BAD). Son expertise l’a mené à piloter des projets d’infrastructures majeures (ponts, routes, bâtiments) dans 53 nations africaines.
En 1995, Henri Konan Bédié l’a nommé conseiller spécial pour les cultes et la société civile. Toutefois, sa carrière a aussi été jalonnée de crises. Emprisonné après le putsch de 1999, il a ensuite connu cinq ans d’exil en France suite aux événements de 2002. C’est en 2007, sous Laurent Gbagbo, qu’il est revenu servir son pays en tant que représentant spécial auprès du monde arabe.
Bâtisseur et acteur du vivre-ensemble
Parallèlement à la politique, Babily Dembélé s’est lancé dans les affaires avec la reprise de la société CIAD-Primo. Il a notamment impulsé un projet immobilier d’envergure à M’Pouto, dans la commune de Riviera, prévoyant 800 logements pour un investissement de plusieurs milliards de FCFA.
Son dévouement social est tout aussi notable. Il a œuvré à la construction de 11 mosquées et 7 églises, illustrant son attachement à la cohésion religieuse. En 1999, il a également facilité le pèlerinage à La Mecque et Médine pour 2 000 fidèles en affrétant un vol spécial, réduisant ainsi considérablement les frais pour les pèlerins.
Aujourd’hui, l’histoire de Babily Dembélé demeure un symbole de réussite pour la jeunesse de Côte d’Ivoire, prouvant que la volonté peut transformer les défis les plus ardus en succès durables.
