4 mai 2026

Faladiè à Bamako : des centaines de déplacés à la rue après la démolition

faladiè à Bamako : des centaines de déplacés à la rue après la démolition

Le garbal de Faladiè, marché à bétail emblématique situé en périphérie de Bamako, a été entièrement rasé le 19 avril 2025 par des engins de démolition. Cette opération brutale a laissé plus de 300 familles sans abri, dont la majorité étaient des déplacés internes originaires du centre du Mali, en quête de sécurité.

Ce site, habituellement dédié à l’élevage et au commerce du bétail, abritait également un camp informel de déplacés depuis 2019. Les autorités maliennes avaient ordonné la fermeture de plusieurs marchés à bétail en septembre 2024, suite aux attaques djihadistes ayant visé des infrastructures militaires à Bamako. Cependant, aucune solution d’hébergement durable n’a été proposée aux familles évincées.

situation humanitaire des déplacés internes au Mali après la démolition de Faladiè

des familles déplacées privées de tout après le démantèlement

Parmi les sinistrés, Dado, une mère de famille originaire du cercle de Bankass, a fui son village en 2020 pour échapper aux violences. Elle témoigne : « Nous pensions être en sécurité à Bamako. Nous sommes sept, dont ma mère et mes cinq enfants. Mais aujourd’hui, nous n’avons plus rien. Ni toit, ni nourriture, ni eau. Avant, nous survivions en récupérant des déchets pour les revendre. Maintenant, c’est l’incertitude totale. »

Avec elle, plus de 2 000 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, se retrouvent sans solution d’hébergement. Le camp de déplacés, autrefois soutenu par des ONG et les autorités, n’est plus que ruines. Les familles survivent dans un dénuement absolu, sans accès aux soins ni à une alimentation suffisante.

sanankoroba, une solution inefficace pour les déplacés

Les autorités maliennes ont promis de relocaliser les déplacés vers Sanankoroba, un site situé à 35 km de Bamako. Pourtant, ce centre, censé accueillir les familles, est qualifié d’« non fonctionnel » par de nombreux commerçants et déplacés. Aucune infrastructure adaptée n’est en place pour répondre à l’urgence humanitaire.

Dado supplie les autorités : « Nous acceptons de partir, mais donnez-nous un autre endroit où nous reconstruire. Notre priorité, c’est un toit. Sans abri, comment survivre ? »

situation humanitaire des déplacés internes au Mali après la démolition de Faladiè

La Direction nationale du développement social n’a, pour l’instant, pas communiqué de mesures concrètes pour répondre à cette crise humanitaire. Pourtant, le camp de Faladiè bénéficiait autrefois du soutien d’organisations locales et internationales avant sa destruction.

que faire face à cette urgence ?

Les déplacés de Faladiè réclament une solution immédiate. Sans assistance, leur situation risque de s’aggraver, dans un contexte où les ressources humanitaires sont déjà limitées. La priorité reste de leur offrir un logement décent et un accès aux besoins vitaux.

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