15 juillet 2026

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La rdc alerte l’ONU sur l’exploitation illicite des minerais par le Rwanda

La RDC alerte l’ONU sur l’exploitation illicite des minerais par le Rwanda : un frein à la paix et au développement

Lors d’une réunion de haut niveau organisée à New York par les Nations unies, la République démocratique du Congo a tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences dévastatrices de l’exploitation illicite de ses minerais critiques dans l’est du pays, alimentée par des groupes armés soutenus par le Rwanda.

Des ressources naturelles au cœur des conflits

La ministre d’État Thérèse Kayikwamba Wagner, à la tête de la délégation congolaise, a mis en lumière le rôle central des minerais comme le coltan dans le financement des groupes armés, notamment le M23, dont les activités sont documentées par les experts des Nations unies.

À Rubaya, un important site minier de coltan, les rebelles contrôlent entre 15 % et 30 % de la production mondiale. Selon les rapports onusiens, plus de 1 400 tonnes de coltan ont été illégalement exportées vers le Rwanda en une seule année, générant des revenus estimés à 800 000 dollars américains par mois pour les groupes armés, réduisant ainsi à néant les efforts de pacification.

Une inaction internationale dénoncée

Malgré les preuves accablantes de l’implication des Forces de défense rwandaises, celles-ci n’ont fait l’objet d’aucune sanction de la part de l’ONU. La chef de la diplomatie congolaise a souligné l’urgence d’une réponse internationale plus ferme, estimant que l’absence de mesures coercitives encourage la poursuite des exactions.

« Les principes directeurs onusiens ne suffisent pas. Ils doivent se traduire par des actions concrètes sur le terrain, sans quoi la transition énergétique mondiale ne fera que remplacer une dépendance par une autre. »

Thérèse Kayikwamba Wagner a rappelé que la RDC, en tant que présidente du Conseil de sécurité des Nations unies, plaide pour une gouvernance renforcée des ressources naturelles, intégrant la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

Vers une gouvernance équitable et transparente

La ministre a insisté sur la nécessité de bâtir des partenariats équilibrés avec les pays producteurs de minerais critiques. Ces alliances doivent favoriser la valorisation locale, le transfert de technologies et l’industrialisation, tout en garantissant une traçabilité efficace pour lutter contre la fraude et le financement des groupes armés.

  • Renforcement des infrastructures et des compétences locales ;
  • Accès facilité aux marchés internationaux ;
  • Responsabilisation des acteurs de la chaîne de valeur, des producteurs aux consommateurs ;
  • Protection des producteurs artisanaux légitimes.

Un appel à l’action globale

La transition énergétique mondiale ne peut ignorer les réalités des pays producteurs. La réussite de cette transition doit être évaluée non seulement en termes de production industrielle, mais aussi en fonction de son impact sur la sécurité, la souveraineté et la prospérité des populations concernées.

« Les progrès ne doivent pas se faire au détriment des pays dont les ressources rendent ces avancées possibles. »

Contexte géopolitique tendu

Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par des accords diplomatiques entre la RDC et les États-Unis d’une part, et entre la RDC et le Rwanda d’autre part. Ces cadres visent à désamorcer les tensions et à neutraliser les groupes armés opérant dans l’est du pays, mais leur efficacité reste limitée face à la persistance des conflits.

Les négociations menées sous l’égide du Qatar entre Kinshasa et la rébellion du M23 sont également dans l’impasse, tandis que les affrontements continuent de s’intensifier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Photo : Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État des Affaires étrangères de la RDC, lors de son intervention à l’ONU.

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