Relations franco-sénégalaises : le Sénégal veut un partenariat basé sur l’égalité avec la France
Un dialogue exigeant pour une coopération rénovée entre le Sénégal et la France
Me Moussa Sarr, lors d’un échange marquant à l’occasion de la fête nationale française, a dressé un bilan sans concession des relations franco-sénégalaises, qualifiées d’« historiques, denses et multidimensionnelles ». Ces liens, tissés au fil des décennies, reposent sur des échanges humains, culturels, économiques et universitaires. Pourtant, le ministre a souligné que cette relation entre Dakar et Paris entre désormais dans une phase de mutation, exigeant un partenariat renouvelé et adapté aux réalités actuelles des deux nations.
Le cœur de cette ambition repose sur des principes fondamentaux : le respect de la souveraineté, une confiance réciproque, une écoute mutuelle et une égalité entre partenaires. Ces valeurs, selon lui, doivent guider les futures collaborations pour répondre aux aspirations des peuples sénégalais et français, tout en s’alignant sur les évolutions géopolitiques et économiques régionales.
Les secteurs clés de la coopération bilatérale
Le ministre a détaillé les domaines prioritaires où le Sénégal et la France peuvent approfondir leur collaboration. Parmi eux :
- L’éducation et la formation professionnelle, avec un accent particulier sur l’enseignement supérieur, où la France reste la première destination des étudiants sénégalais à l’étranger.
- La santé et les infrastructures, incluant les projets de transports, d’assainissement et de développement territorial.
- L’agriculture, l’énergie et la recherche scientifique, des secteurs stratégiques pour les deux pays.
- La mobilisation de la diaspora sénégalaise, via des initiatives comme le Programme d’appui aux solidarités pour le développement.
Me Moussa Sarr a également adressé des remerciements officiels au gouvernement français pour son soutien logistique dans l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse 2026, notamment pour les aspects protocole, sécurité et secours.
La question mémorielle : un pas vers la réconciliation
Le dossier mémoriel, souvent source de tensions, a fait l’objet d’une attention particulière. Le ministre a évoqué des « dialogues positifs » engagés avec Paris, notamment sur :
- L’accès aux archives et la déclassification de documents historiques.
- La formation croisée des archivistes et professionnels du patrimoine des deux pays.
- L’intervention d’experts français pour des fouilles archéologiques sur des sites historiques (non précisés).
Une vision commune pour les enjeux globaux
Me Moussa Sarr a élargi le débat aux défis internationaux, identifiant des priorités partagées entre le Sénégal et la France :
- La sécurité et la stabilité régionale.
- La transition énergétique et la souveraineté alimentaire.
- La gouvernance économique mondiale et la mobilité.
- La paix et la justice climatique.
Face à ces enjeux, il a plaidé pour un multilatéralisme rénové, fondé sur des partenariats équilibrés. Il a salué la qualité des échanges entre les hautes autorités des deux pays et annoncé que des séminaires intergouvernementaux seraient prochainement organisés pour définir les priorités d’une coopération tournée vers l’avenir.