Gabon : la fiscalité, pilier de la refonte économique sous Oligui Nguema
Lors d’une cérémonie tenue au palais présidentiel, le président gabonais a officialisé l’installation d’Edith Laure Mbiguidi Oyaya à la tête de la Direction générale des impôts (DGI). En présence de ses principaux collaborateurs, Brice Clotaire Oligui Nguema a souligné l’importance cruciale de la fiscalité dans le financement des politiques publiques au Gabon. Le message transmis à l’administration fiscale est sans ambiguïté : la collecte des recettes internes devient une priorité absolue pour l’État.
La DGI, un acteur clé de la modernisation économique gabonaise
Pour le chef de l’État, la fiscalité représente un levier essentiel pour concrétiser les ambitions nationales en matière d’infrastructures, d’éducation, de santé et de souveraineté économique. Face à la nécessité de réduire la dépendance aux revenus pétroliers, l’élargissement de l’assiette fiscale et l’amélioration du recouvrement des impôts s’imposent comme des priorités stratégiques. La DGI se transforme ainsi en un instrument de pilotage budgétaire et de stabilité macroéconomique, dépassant son rôle traditionnel de simple collecteur d’impôts.
Au cours de cet échange avec la nouvelle équipe dirigeante, le président a mis l’accent sur deux dimensions fondamentales : la performance et l’éthique. La lutte contre la fraude fiscale, la modernisation des processus administratifs et la transparence dans le traitement des contribuables figurent parmi les attentes majeures. L’objectif affiché est de faire évoluer une administration perçue comme rigide vers un acteur facilitateur pour le climat des affaires au Gabon.
Edith Laure Mbiguidi Oyaya, une mission sous haute tension
La nomination de la nouvelle directrice générale intervient dans un contexte économique exigeant, marqué par des tensions de trésorerie et des négociations avec des institutions financières internationales. Edith Laure Mbiguidi Oyaya hérite d’une administration dont les performances sont déterminantes pour la soutenabilité de la dette publique et la capacité d’investissement de l’État. Son succès dépendra non seulement des ressources techniques allouées, mais aussi du soutien politique dont elle bénéficiera pour surmonter les résistances internes.
Les collaborateurs nommés aux côtés de la nouvelle dirigeante auront la charge de dossiers sensibles : la digitalisation des télédéclarations, la traçabilité des paiements, la fiscalité des entreprises extractives et l’harmonisation avec les normes de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Ces réformes, bien que connues, nécessitent une accélération pour crédibiliser le discours présidentiel sur la refondation économique. La DGI gabonaise participe également à des programmes de coopération technique avec des partenaires internationaux, dont le Fonds monétaire international.
La fiscalité, colonne vertébrale du projet de société gabonais
Depuis son accession au pouvoir à l’été 2023, puis sa victoire à l’élection présidentielle d’avril 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema a fait de la souveraineté budgétaire un pilier de sa politique. Le gouvernement mise sur une transformation économique inclusive, combinant justice sociale et redistribution, ce qui exige des recettes fiscales accrues et mieux réparties. La stratégie vise à faire contribuer davantage les secteurs à haute valeur ajoutée tout en soulageant les ménages les plus vulnérables.
Cependant, le défi reste complexe. L’économie gabonaise reste largement informelle, la base de contribuables est restreinte et la dépendance aux hydrocarbures persiste, avec des cours qui influencent fortement les recettes de l’État. Élargir l’assiette fiscale nécessite une approche équilibrée, combinant incitations à la formalisation, simplification des procédures et renforcement ciblé des contrôles. La directrice générale devra concilier résultats immédiats et réformes structurelles, sous le regard attentif d’un exécutif impatient de démontrer des avancées tangibles.
Cette audience présidentielle envoie un message fort aux partenaires financiers du Gabon. En soutenant personnellement la nouvelle équipe, le chef de l’État cherche à renforcer la confiance dans la gouvernance fiscale du pays. Les performances des recettes non pétrolières seront scrutées comme un indicateur clé de la solidité du programme économique de Libreville. La mission confiée à la DGI a été qualifiée de stratégique pour la transformation durable du Gabon.