16 août 2026

Eveil des Nations

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Financement terrorisme au Mali : comment 50 millions de dollars ont transformé la menace

Un versement de 50 millions de dollars, effectué fin 2025 pour libérer un otage retenu par des groupes affiliés à Al-Qaïda au Mali, a servi de catalyseur aux activités du Jihad au Sahel. Selon un rapport confidentiel de l’ONU daté du 10 août 2026, cette somme colossale a directement alimenté les opérations militaires et logistiques de la coalition Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), tout en contribuant partiellement au financement des instances centrales d’Al-Qaïda.

Un financement aux conséquences dévastatrices pour la stabilité régionale

L’enquête onusienne, menée par un groupe d’experts indépendants, révèle que la majorité des fonds a été répartie entre les différentes katibas (unités combattantes) du Sahel affiliées au JNIM. « Ces ressources ont joué un rôle déterminant dans l’intensification des offensives du groupe, notamment au Mali, où ses effectifs comptent désormais entre 3 500 et 4 000 combattants sur un total de 7 000 à 8 000 recensés dans toute la région », souligne le document. Une partie des fonds a également transité via Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) avant d’atteindre la direction centrale de l’organisation et sa branche yéménite.

Les Émirats arabes unis désignés comme payeurs potentiels

Bien que ni l’otage ni le commanditaire du versement n’aient été officiellement identifiés, plusieurs sources régionales évoquent la piste des Émirats arabes unis. Trois ressortissants étrangers — un citoyen émirati, un Pakistanais et un Iranien — auraient été libérés en échange de cette rançon. Interrogé sur ce cas précis, un porte-parole gouvernemental des Émirats a refusé de confirmer ou d’infirmer, réaffirmant simplement que son pays « maintient une politique stricte de lutte contre le terrorisme » et de « traçabilité des flux financiers illicites ».

Le JNIM : une menace en pleine expansion

Les dernières actions du JNIM illustrent sa capacité à frapper loin des zones traditionnelles. En avril 2026, ses combattants ont mené une attaque audacieuse contre la capitale malienne, faisant notamment de nombreuses victimes parmi les forces de sécurité et coûtant la vie au ministre de la Défense. Quelques semaines plus tard, le groupe a proposé des récompenses financières de plusieurs millions d’euros pour toute information permettant de localiser le président malien.

D’après des sources sécuritaires locales, les rançons demandées pour la libération d’étrangers oscillent généralement entre 4 et 6 millions de dollars. Pour les Nations unies, ces pratiques ne se limitent pas à une simple source de revenus : elles représentent également une stratégie délibérée pour « miner la confiance des populations dans la capacité des États à garantir leur sécurité » et fragiliser les institutions en place.

Une économie de la terreur qui se professionnalise

Le rapport onusien met en lumière l’évolution des méthodes employées par le JNIM pour sécuriser ses financements. Outre les enlèvements ciblés, le groupe diversifie ses activités criminelles, incluant trafics d’armes, extorsions et taxation des populations locales dans les zones sous son contrôle. Cette diversification reflète une volonté de professionnaliser son modèle économique, rendant les groupes jihadistes moins dépendants des dons extérieurs et plus résilients face aux opérations militaires.

Face à cette escalade, les États de la sous-région multiplient les initiatives pour couper les viviers de financement des organisations terroristes, tout en renforçant la coopération sécuritaire transfrontalière. Cependant, l’ampleur des sommes en jeu et la complexité des réseaux financiers utilisés par ces groupes rendent la lutte particulièrement ardue.

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