Diplomatie mémorielle : le CEFOCK mobilise la France pour le GENOCOST
Une campagne mémorielle ambitieuse en France dès la rentrée parlementaire
Dès l’ouverture de la prochaine session parlementaire française, le Collectif des élus français originaires du Congo-Kinshasa (CEFOCK) lancera une offensive diplomatique sans précédent. L’objectif ? Faire reconnaître officiellement le GENOCOST, le génocide congolais lié aux massacres perpétrés depuis 1996, comme une priorité au sein des institutions françaises.
Cette initiative, annoncée à l’issue d’un entretien avec le Président Félix Tshisekedi à la Cité de l’Union Africaine à Kinshasa, s’articulera autour de trois axes : des actions de sensibilisation, des conférences thématiques et un plaidoyer ciblé auprès des collectivités locales, des parlementaires et de la diaspora congolaise en France.
Une stratégie pour briser l’omerta politique et médiatique
Le CEFOCK, en tant que pont entre la République démocratique du Congo et la France, a pour mission de transformer le GENOCOST en un sujet de débat public. Jusqu’ici cantonné aux rapports des ONG, ce dossier doit désormais s’imposer comme une question de politique publique majeure, impliquant directement les institutions françaises.
Les élus congolais en France disposent d’un levier unique : leur ancrage territorial dans les conseils municipaux, départementaux et régionaux. Leur action vise à créer une pression institutionnelle suffisante pour que la France reconnaisse officiellement ce génocide et engage des mécanismes de justice et de réparation.
Un partenariat clé avec la CIA-VAR pour ancrer la démarche
Pour renforcer l’impact de leur mobilisation, le CEFOCK s’appuiera sur la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR), une entité gouvernementale congolaise dédiée à la documentation des crimes, à la réparation des victimes et au devoir de mémoire. Ce partenariat stratégique a deux objectifs principaux :
- Garantir que l’histoire des victimes ne sombre pas dans l’oubli grâce à un travail de mémoire rigoureux ;
- Obtenir une reconnaissance officielle du GENOCOST par les autorités françaises, ouvrant la voie à des réparations concrètes.
Le Président Tshisekedi a salué cette initiative, la qualifiant de renforcement essentiel de la « diplomatie mémorielle » portée par la RDC sur la scène internationale.
La diaspora congolaise, acteur incontournable de la reconnaissance
La mobilisation de la diaspora congolaise en France constitue un pilier central de cette stratégie. Élue dans des instances locales et nationales, cette communauté représente un relais puissant pour porter la voix des victimes. En ciblant les élus français, elle transforme une démarche testimoniale en une action politique concrète, susceptible d’influencer les décisions parlementaires.
Cette offensive s’inscrit dans un contexte où la RDC multiplie les initiatives pour faire reconnaître le GENOCOST comme un génocide à part entière. En témoigne la cérémonie d’hommage présidée par le Chef de l’État le 2 août 2026 à Kinshasa, lors de la Journée nationale du GENOCOST. À cette occasion, il a également annoncé le lancement des travaux du Musée national du GENOCOST et d’un mémorial dédié, symboles d’une volonté d’institutionnaliser la mémoire des victimes.
Entre mémoire collective et pression diplomatique, la RDC active tous ses leviers pour que le GENOCOST soit enfin reconnu comme un crime contre l’humanité, notamment en raison de la prédation des ressources naturelles qui a accompagné ces massacres.