Commission d’enquête : un ancien ministre du Sénégal dans le viseur d’ousmane sonko ?

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation du Sénégal a connu une période de turbulence avec trois ministres en deux ans seulement : Abdourahmane Diouf, Daouda Ngom, et actuellement Boubacar Camara depuis juin 2026.
L’Assemblée nationale sénégalaise examine actuellement la création de six commissions d’enquête, dont une particulièrement scrutée : celle visant les irrégularités dans la gestion du programme « Un étudiant, un ordinateur ». Lancé en 2017 par le ministère de l’Enseignement supérieur, ce projet représente un investissement public de près de 48 milliards de francs CFA. Une question s’impose dans l’opinion : cette initiative parlementaire cherche-t-elle à mettre en cause l’ancien ministre Abdourahmane Diouf ?
Une polémique qui s’étend sur plusieurs années
Les tensions autour de ce dossier remontent à novembre 2025, lorsque l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko avait dénoncé publiquement des dysfonctionnements dans la gestion de certains programmes universitaires, notamment ceux supervisés par Abdourahmane Diouf alors en poste. Ce dernier avait riposté en demandant la mise en place d’une commission parlementaire pour éclaircir les affaires, dont celle concernant la construction de cinq lots universitaires, tout en reconnaissant sa part de responsabilité aux côtés de Sonko.
Il est important de souligner que cette commission d’enquête couvre une période allant de 2017 à 2026, englobant ainsi les mandats de plusieurs ministres successifs du MESRI. Parmi eux figurent Abdourahmane Diouf, suivi de Daouda Ngom, puis de Boubacar Camara, nommé en juin 2026. Cette temporalité soulève des interrogations sur l’objectif réel de cette procédure.
Un contexte politique explosif
Cette commission d’enquête s’inscrit dans un climat politique particulièrement tendu entre les deux hommes. Abdourahmane Diouf, ancien membre du parti Awalé et allié initial de la coalition au pouvoir, a récemment rejoint le parti Kiiraay – Les Patriotes républicains, soutenu par le président Bassirou Diomaye Faye. Cette divergence politique alimente les spéculations sur une possible instrumentalisation de l’enquête parlementaire à des fins de règlement de comptes. Cependant, l’arrêté de convocation de la session extraordinaire ne mentionne aucun nom en particulier, se concentrant sur l’ensemble de la période 2017-2026.
À ce jour, aucun élément concret ne permet d’affirmer que la commission d’enquête cible spécifiquement Abdourahmane Diouf. Seuls les travaux futurs de cette instance permettront de déterminer les responsabilités exactes dans la gestion du programme « Un étudiant, un ordinateur », dont le coût total s’élève à 48 milliards de francs CFA. Les conclusions de cette enquête pourraient ainsi révéler les véritables enjeux derrière cette initiative parlementaire.