5 août 2026

Eveil des Nations

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Cameroun : remaniement militaire majeur sous la signature de Paul Biya

Un bouleversement stratégique dans les rangs de l’armée camerounaise

Pendant que le président Paul Biya poursuit son séjour à l’étranger, déjà deux mois, des décrets signés de sa main ont été rendus publics. Ces actes officiels entérinent une restructuration d’envergure au sein des Forces armées camerounaises. Cinq officiers sont promus au grade de général de brigade, tandis qu’un nouveau major général est désigné pour l’état-major des armées. Plusieurs postes clés, dont celui de la Garde présidentielle, sont également revus, marquant un tournant dans la gouvernance militaire du pays.

Des promotions symboliques et une continuité au sommet

Parmi les figures mises en avant, le général Raymond Jean Charles Beko’o Abondo se distingue. Promu général de brigade, il conserve la direction de la Garde présidentielle, une unité qu’il commande sans interruption depuis treize ans. Cette nomination historique, inédite depuis la création de cette force d’élite en 1985, est perçue comme un gage de confiance renouvelée envers ce proche du chef de l’État. Les observateurs y voient une volonté de renforcer la cohésion et l’efficacité des troupes d’élite.

Le général de division Ebaka Hippolyte prend quant à lui la tête de l’état-major des armées, succédant à son prédécesseur placé en deuxième section. Parallèlement, six nouveaux commandants territoriaux sont installés dans quatre des cinq régions militaires interarmées du Cameroun. Ces zones, parmi les plus exposées aux menaces sécuritaires, s’étendent de l’Extrême-Nord, aux prises avec les activités de Boko Haram, jusqu’aux régions anglophones du Sud-Ouest, en proie à des tensions persistantes.

Un message politique fort malgré l’absence du président

Au-delà de leur portée opérationnelle, ces changements s’inscrivent dans une dynamique politique. Ils matérialisent la capacité du président Paul Biya à maintenir son autorité et à piloter les affaires de l’État, malgré une absence prolongée du territoire national. Pourtant, cette initiative suscite des réactions contrastées. L’opposition, représentée notamment par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, y décèle une manœuvre insuffisante pour dissiper les doutes sur l’exercice réel du pouvoir. Les critiques appellent à une plus grande transparence et à la formation du gouvernement, annoncée depuis décembre 2025 mais toujours attendue.

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