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Cameroun : comment l’économie nationale peut-elle résister aux pressions extérieures cette semaine ?

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Cameroun : comment l’économie nationale peut-elle résister aux pressions extérieures cette semaine ?

Cette semaine a été marquée par une série d’événements économiques majeurs au Cameroun, révélant à la fois les forces et les vulnérabilités structurelles du pays. Entre modernisation des infrastructures, renforcement de la souveraineté financière et concurrence internationale, les enjeux sont colossaux. Comment le Cameroun peut-il s’affranchir des dépendances extérieures et bâtir une économie résiliente ? La presse économique locale apporte des éclairages cruciaux.

La souveraineté financière en question : le Cameroun peut-il se passer des banques occidentales ?

Cette semaine, l’actualité économique camerounaise a été dominée par un événement symbolique : la hausse historique du capital d’Afriland First Bank. Cette opération, réalisée sans recourir à de nouveaux investisseurs étrangers, illustre une volonté croissante des acteurs locaux de financer les grands projets nationaux en interne. Une démarche qui s’inscrit dans une logique de réduction de la dépendance aux capitaux extérieurs.

Les analystes soulignent que cette initiative pourrait inspirer d’autres secteurs, notamment celui des PME et des infrastructures. Cependant, la question reste entière : le Cameroun dispose-t-il des ressources suffisantes pour financer seul sa transition économique ?

PME camerounaises vs concurrence chinoise : l’urgence de la formalisation

La concurrence des produits chinois a mis en lumière les faiblesses structurelles du commerce camerounais. Selon les données, les importations de vêtements chinois ont atteint 230 milliards de FCFA cette semaine, révélant la vulnérabilité du secteur local. Face à cette pression, une alliance stratégique a été scellée entre le Gecam (Groupement des Entreprises du Cameroun) et le Ministère des Petites et Moyennes Entreprises (Minpmeesa).

L’objectif ? Créer une feuille de route 2027-2030 pour formaliser les PME et leur donner les moyens de rivaliser avec les acteurs internationaux. À ce jour, près de 90 % de l’économie camerounaise repose sur le secteur informel, un frein majeur à l’accès au crédit (seulement 17 % des crédits bancaires leur sont alloués).

Les experts pointent du doigt un déséquilibre structurel : tandis que les PME chinoises privilégient des établissements individuels à faible investissement, les entreprises camerounaises peinent à se structurer pour générer une valeur ajoutée durable.

Les chiffres clés de la semaine

  • 444 302 PME enregistrées au Cameroun, mais une majorité reste dans l’informel.
  • 17 % des crédits bancaires alloués aux PME formelles.
  • 230 milliards de FCFA d’importations de vêtements chinois en une semaine.

Modernisation des infrastructures : un levier pour la croissance ?

La semaine a également été marquée par des avancées majeures en matière d’infrastructures. Le décret présidentiel du 5 novembre, débloquant 129 milliards de FCFA pour le périphérique de Yaoundé, s’inscrit dans cette dynamique. Parallèlement, la démonétisation des vieilles pièces par la BEAC vise à moderniser les échanges physiques.

Ces mesures, couplées à la nomination d’un nouveau directeur général au Fonds routier, montrent une volonté claire de structurer l’économie et d’améliorer la fluidité des échanges. Mais ces investissements suffiront-ils à combler le retard infrastructurel du pays ?

Le drame industriel de Metafrique Steel : un symbole des défis structurels

L’explosion suivie d’un incendie à l’usine Metafrique Steel S.A. dans la zone industrielle de Bassa (Douala) a marqué un tournant tragique. Ce drame a causé la mort de 5 ouvriers et blessé gravement 12 à 16 personnes, rappelant les risques liés à l’absence de normes de sécurité strictes et à un secteur industriel en quête de modernisation.

Les autorités ont immédiatement suspendu les activités du site, soulignant l’urgence de renforcer les contrôles et les investissements dans la sécurité industrielle.

L’encours des titres publics : un marché monétaire en pleine expansion

Un chiffre retient particulièrement l’attention : 11 016,7 milliards de FCFA, soit l’encours global des titres publics en circulation dans la zone CEMAC. Ce montant, émis par les six États membres, révèle une préférence marquée pour le marché monétaire plutôt que pour la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC).

Les raisons ? Les levées de fonds y sont 45 fois plus rapides (45 jours contre 6 à 8 mois en Bourse) et permettent d’économiser 2 % sur les coûts d’émission. Un choix pragmatique, mais qui interroge sur la capacité du Cameroun à développer un marché obligataire dynamique.

Samuel Njanga Kondo Ngande : l’homme clé de l’industrie camerounaise

Réélu à la tête du Syndicat des Industriels du Cameroun (Syndustricam) pour un nouveau mandat de trois ans, Samuel Njanga Kondo Ngande incarne la volonté du secteur privé de jouer un rôle central dans l’économie nationale. Sa feuille de route, intitulée « CAP Industrie 2029 », vise à positionner l’industrie camerounaise comme un acteur majeur du développement économique.

Son leadership sera déterminant pour concrétiser les ambitions du pays en matière de souveraineté industrielle et de création d’emplois.

En résumé : une économie à la croisée des chemins

Cette semaine a révélé les opportunités et les défis auxquels le Cameroun fait face. Entre modernisation des infrastructures, renforcement de la souveraineté financière et structuration du secteur privé, les choix opérés aujourd’hui détermineront la résilience économique du pays demain. Une chose est sûre : sans une stratégie globale et cohérente, le Cameroun risque de rester vulnérable aux chocs extérieurs.

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Oumou Salifou
Journaliste
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