1 juin 2026

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Burkina Faso : une attaque terroriste dévastatrice fait plus de cent morts et de nombreux blessés

Burkina Faso : une attaque terroriste dévastatrice fait plus de cent morts et de nombreux blessés

Des civils, contraints de creuser des tranchées défensives, ont été la cible d’hommes armés lors d’une offensive revendiquée par un groupe yihadiste.

Camp de déplacés internes de Barsalogho, dans la région Centre-Nord du Burkina Faso, théâtre de l’attaque islamiste, en 2020.

Une violente attaque perpétrée ce samedi à Barsalogho, située dans la région Centre-Nord du Burkina Faso, a coûté la vie à au moins une centaine de personnes, majoritairement des civils. Les victimes étaient engagées dans le creusement de fossés de protection autour de leur localité pour se prémunir des incursions yihadistes. Des assaillants, arrivés à moto, ont ouvert le feu sans distinction sur la population. Le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM), entité affiliée à Al-Qaïda, a rapidement revendiqué cette tragédie. Il est à noter que les civils avaient été contraints à cette tâche par le Capitaine Ibrahim Traoré, dirigeant de la junte militaire au pouvoir depuis 2022.

Bien que le bilan précis reste incertain, cet événement représente l’une des agressions les plus meurtrières contre des civils que le Burkina Faso ait connues ces dernières années. Selon diverses sources, le nombre de décès oscille entre 100 et 200, complété par 140 blessés qui ont été dirigés vers l’hôpital de Kaya, à environ 45 kilomètres, et d’autres centres de santé locaux. Parmi les disparus figurent de nombreux membres des Volontaires de Défense de la Patrie (VDP), une force civile instituée par le gouvernement burkinabé pour appuyer l’armée dans sa lutte contre le terrorisme. Les assaillants ont également emporté des armes et une ambulance militaire.

La région Centre-Nord est tristement célèbre pour être le théâtre fréquent d’embuscades, d’attaques et de poses d’engins explosifs par la branche locale du JNIM, le mouvement yihadiste le plus actif dans le Sahel central. Parallèlement, cette zone accueille des dizaines de milliers de personnes déplacées internes, fuyant les violences qui sévissent plus au nord, dans la région du Sahel. Barsalogho se situe à 145 kilomètres de la capitale, Ouagadougou.

Depuis son accession au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, le Capitaine Traoré a érigé la lutte contre les yihadistes et la reprise du contrôle de l’intégralité du territoire national en objectif prioritaire. « Je consacre 80% de mon temps à la guerre », a-t-il affirmé récemment. Malgré l’arrivée d’une centaine d’instructeurs et de mercenaires russes, leur rôle se concentre principalement sur la protection de Traoré lui-même. Le Capitaine a choisi de fonder sa stratégie de reconquête sur l’acquisition de matériel, notamment des drones de combat de fabrication turque, et sur l’engagement de la population civile, notamment par le recrutement de volontaires. Il est également rapporté que des dizaines de civils ont été envoyés au front en guise de sanction pour avoir exprimé des critiques envers la junte militaire.

Des volontaires souvent sous-équipés

Ces Volontaires de Défense de la Patrie (VDP), dont environ 30 000 sont déployés en première ligne, bénéficient d’une formation militaire élémentaire. Cependant, ils manquent fréquemment d’armes ou de munitions adéquates pour faire face aux groupes terroristes. Ils sont d’ailleurs devenus des cibles privilégiées pour ces radicaux, comme en témoigne l’incident de Barsalogho. Le Projet de Données sur les Événements et les Localisations des Conflits Armés (Acled) estime à environ 5 000 le nombre de volontaires tués lors de diverses attaques depuis la création des VDP en 2019. Malgré un engagement patriotique indéniable de nombreux membres, un mécontentement croissant se fait sentir au sein de leurs rangs, selon une source burkinabé proche des VDP. Leur contribution est rémunérée par une prime mensuelle d’environ 120 euros.

Le Burkina Faso est aux prises avec une insurrection yihadiste depuis 2015, affectant particulièrement le nord, l’est et l’ouest du pays. Cette situation a engendré des milliers de morts et plus de deux millions de déplacés internes. On estime que plus de la moitié du territoire burkinabé échappe au contrôle de l’État. Dans de vastes zones du pays, la présence des forces de défense se limite aux axes routiers principaux et aux grandes villes. Les assauts yihadistes contre militaires et civils, souvent des volontaires ou leurs familles, sont incessants. Néanmoins, l’armée et les VDP eux-mêmes sont également accusés de violences. En avril dernier, Human Rights Watch a dénoncé l’assassinat de 223 civils, dont 56 enfants, par les Forces Armées et leurs auxiliaires civils dans deux villages du nord du pays. Le gouvernement burkinabé a formellement démenti ces allégations.

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