Violence islamiste au Niger : l’État islamique du Sahel frappe les civils dans l’ouest International Par eveildesnations - 12 février 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture5 min×1 Des attaques meurtrières attribuées à l’État islamique au Sahel (EIS) Dans l’ouest du Niger, la région de Tillabéri est devenue le théâtre de violences extrêmes perpétrées par des groupes armés islamistes. Selon les dernières informations, l’État islamique au Sahel (EIS) a commis deux attaques ciblant délibérément des civils, causant la mort de 30 personnes, dont quatre enfants, ainsi que celle de cinq combattants capturés. Ces exactions, survenues entre le 18 et le 26 janvier 2026, sont qualifiées de crimes de guerre par les observateurs internationaux. Cliquer pour agrandir l’image Des représailles sanglantes contre les populations locales Le 18 janvier 2026, des combattants de l’EIS ont exécuté 31 hommes et adolescents dans le village de Bossieye. Selon les habitants, ces meurtres seraient une réponse à leur refus de payer la zakat, un impôt islamique imposé par le groupe, ou à leur engagement aux côtés des milices pro-gouvernementales. Les assaillants, arrivés en masse à moto, ont tracé les habitants de porte en porte avant de les exécuter près de la mosquée. Quelques jours plus tard, le 26 janvier, une nouvelle attaque a visé le village d’Alfaga Daweyzé Koira. Cette fois, les combattants cherchaient un homme accusé de collaborer avec l’armée. N’ayant pu le trouver, ils ont ouvert le feu sur la foule, tuant quatre hommes et en blessant cinq autres. Ces exactions s’inscrivent dans une stratégie de terreur visant à affaiblir la résistance locale. Cliquer pour agrandir l’image Témoignages accablants et réactions internationales « L’État islamique au Sahel cible sans pitié les civils dans la région de Tillabéri », a dénoncé Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior à Human Rights Watch. « Ces massacres s’inscrivent dans une longue série d’atrocités et révèlent un mépris absolu pour la vie humaine. » Entre le 21 janvier et le 4 février, l’ONG a recueilli le témoignage de 13 personnes : victimes, activistes et chefs communautaires. Leurs récits confirment l’ampleur des violences et l’absence de réaction des autorités nigériennes, malgré une lettre envoyée au gouvernement le 6 février. Aucune réponse n’a été obtenue à ce jour. Les survivants décrivent des scènes de terreur : exécutions sommaires, porte-à-porte meurtrier, et pillages. Un habitant de Bossieye, cité par Human Rights Watch, a raconté : « Le chef du village nous avait conseillé de ne plus payer la zakat à l’EIS et de rejoindre la milice. Mais nous n’avons pas écouté. Et l’éléphant est venu. » Contexte et enjeux sécuritaires au Niger Depuis le coup d’État de juillet 2023, la junte militaire nigérienne, dirigée par le général Abdourahamane Tiani, lutte contre l’insurrection islamiste. La région de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso, est particulièrement touchée par les violences. Les opérations militaires nigériennes, comme l’Opération Borkono, se heurtent à des exactions commises aussi bien par l’EIS que par l’armée elle-même. Selon l’organisation ACLED, Tillabéri a enregistré en 2025 le plus grand nombre de victimes civiles dans le centre du Sahel, principalement en raison des attaques de l’EIS, suivies de celles du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et des forces nigériennes. Violations du droit international et impunité Toutes les parties au conflit, y compris les groupes armés et les forces gouvernementales, sont soumises aux Conventions de Genève et au droit humanitaire international. Ces textes interdisent explicitement les attaques contre les civils, les exécutions sommaires et les dégâts collatéraux lors des opérations militaires. « Les autorités nigériennes doivent impérativement protéger les populations civiles, enquêter sur ces crimes et sanctionner leurs auteurs », a insisté Ilaria Allegrozzi. « Les victimes et leurs familles méritent justice et soutien. » Une région sous haute tension Bossieye et Alfaga Daweyzé Koira : villages ciblés par l’EIS en janvier 2026. Tillabéri : épicentre des violences islamistes dans l’ouest du Niger. Opération Borkono : campagne militaire contre les groupes armés islamistes. Zakat : impôt islamique imposé par l’EIS aux populations locales. GSIM : groupe armé lié à Al-Qaïda, actif dans la région. Face à l’escalade de la violence, la communauté internationale appelle à une réponse urgente pour mettre fin aux exactions et restaurer la sécurité dans cette zone en crise. Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)InternationalTous les articles