Bénin : décryptage des réserves stratégiques de carburant qui défient les pénuries Carburant Par Oumou Salifou - 18 octobre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture5 min×1 Bénin : décryptage des réserves stratégiques de carburant qui défient les pénuries Au cœur d’une crise potentielle de carburant, le Bénin révèle les coulisses de ses réserves stratégiques. Contre toute attente, ces stocks, capables de couvrir entre trois et six mois de consommation, viennent d’être confirmés par Wilfried Léandre Houngbédji. Une révélation qui bat en brèche les craintes de pénurie, tout en mettant en lumière les mécanismes à l’origine des tensions actuelles sur les stations-service. Des stocks stratégiques sous les projecteurs : une autonomie inédite Contrairement aux craintes d’un épuisement rapide des réserves, le gouvernement béninois affiche une situation inédite. Les entrepôts nationaux regorgent désormais de carburant, offrant une autonomie exceptionnelle de trois à six mois. Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole de l’exécutif, précise que cette capacité couvre désormais un trimestre, voire un semestre, un bond significatif par rapport à la situation d’il y a quelques mois, où les stocks ne permettaient de tenir qu’un mois. Cette annonce, faite lors d’une intervention télévisée, prend le contrepied des rumeurs persistantes sur une possible pénurie. Mais comment expliquer cette abondance soudaine dans un contexte où les files d’attente se multiplient ? Le marché parallèle, principal déclencheur des tensions actuelles Le mystère des files d’attente trouve une partie de son explication dans le fonctionnement du marché informel du carburant. En effet, près de 70 % des consommateurs béninois s’approvisionnent habituellement dans le circuit parallèle, souvent à moindre coût. Lorsqu’un écart de prix se creuse entre le « kpayo » (essence vendue à l’unité) et le carburant vendu dans les stations officielles, une partie de cette clientèle bascule vers le réseau formel. Cette bascule soudaine a pour effet d’engorger les stations-service, alors même que les réserves nationales restent intactes. Une situation paradoxale qui révèle la vulnérabilité des mécanismes de régulation face aux fluctuations du marché informel. Cotonou en mode crise : mobilisation des acteurs pétroliers Face à la multiplication des files d’attente, notamment dans le nord du pays, le ministère du Commerce intérieur a convoqué une réunion d’urgence le 14 octobre à Cotonou. Les acteurs de la chaîne pétrolière ont reçu un ultimatum de 48 heures pour renforcer les livraisons et sécuriser l’approvisionnement sur l’ensemble du territoire. Cette mobilisation accélérée s’inscrit dans une logique préventive, visant à éviter une crise de confiance envers le réseau officiel. Les distributeurs ont dû ajuster leurs efforts logistiques pour répondre à l’afflux soudain de clients, tandis que les autorités tablaient sur la réactivité des opérateurs pour normaliser la situation. Prix de l’essence à 725 FCFA : une décision sous haute tension Au cœur du débat, le prix officiel de l’essence, fixé à 725 FCFA le litre, cristallise les tensions. Le porte-parole du gouvernement justifie cette stabilité par un arbitrage de l’exécutif visant à atténuer l’impact de la conjoncture internationale sur le pouvoir d’achat des ménages. Cette décision s’accompagne d’un appel pressant aux opérateurs pétroliers : accélérer le remplissage des cuves et fluidifier le service aux pompes. Une course contre la montre pour concilier stabilité des prix, satisfaction de la demande et préservation de l’autonomie stratégique du pays. Ce qu’il faut retenir Autonomie record : Les réserves de carburant couvrent désormais trois à six mois de consommation, contre un mois précédemment. Marché informel en cause : La hausse du prix du « kpayo » a poussé 70 % des consommateurs vers les stations officielles, saturant le réseau. Réaction gouvernementale : Une réunion d’urgence a été organisée le 14 octobre à Cotonou pour mobiliser les acteurs pétroliers et normaliser l’approvisionnement. Stabilité des prix : Le prix officiel de l’essence reste fixé à 725 FCFA, malgré les pressions internationales. Par Oumou Salifou — Journaliste Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)CarburantTous les articles