1 juillet 2026

Eveil des Nations

Média panafricain dédié à l'éveil politique et culturel des nations africaines.

Vers une éradication totale du travail des enfants au Maroc : les nouvelles orientations du CESE

Un recul historique mais des défis persistants

Bien que le Maroc ait réalisé des avancées spectaculaires en vingt ans, la problématique de l’exploitation économique des mineurs reste un sujet de préoccupation majeure. Le nombre d’enfants actifs a chuté de plus de 80 % depuis 1999, passant de 517 000 à environ 101 000 en 2024. Cependant, cette pratique perdure dans les zones d’ombre de l’économie informelle et dans des métiers à haut risque.

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a dévoilé à Rabat un avis stratégique intitulé « Pour une politique publique effective d’éradication du travail des enfants au Maroc ». Lors de cette présentation, le président de l’institution, Abdelkader Amara, a souligné que malgré les efforts fournis, une large majorité de la population (78 %) perçoit encore ce phénomène comme étant très présent sur le territoire national.

Les racines d’un fléau social

L’analyse menée par le CESE pointe du doigt des facteurs structurels profonds tels que la précarité des familles et l’essor de l’économie non réglementée. Pour Abdelkader Amara, la place d’un mineur se trouve impérativement sur les bancs de l’école et dans des structures éducatives, et non sur le marché du travail.

L’exploitation des plus jeunes nuit gravement à leur équilibre psychologique et physique, tout en freinant le développement global de la société marocaine. Les témoignages citoyens recueillis montrent que 27 % des cas observés se déroulent dans l’espace public : lavage de voitures, port de charges lourdes ou commerce de rue. Plus inquiétant encore, 22 % des sondés signalent des situations d’exploitation extrême, incluant la mendicité forcée ou l’implication dans des trafics illicites.

Des réformes législatives urgentes

Face à ce constat, le CESE préconise des mesures concrètes pour transformer durablement la situation :

  • Relever l’âge minimum : Porter l’accès légal à l’emploi à 16 ans pour s’aligner sur la fin de la scolarité obligatoire.
  • Révision juridique : Actualiser le Code du travail et le décret relatif aux activités dangereuses interdites aux mineurs.
  • Renforcement des contrôles : Intensifier la surveillance, sachant que près de 60 % des enfants travailleurs sont exposés à des tâches périlleuses.

Une mobilisation institutionnelle renforcée

Pour accélérer cette transition, une convention-cadre a été établie entre le CESE et l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE), placé sous la présidence de la Princesse Lalla Meryem. Cette alliance vise à mieux coordonner les interventions sur le terrain pour protéger plus efficacement la jeunesse marocaine. Comme l’a rappelé le président du Conseil, la persistance de ce phénomène ne correspond plus à l’image d’un Maroc moderne en pleine mutation socio-économique.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes