25 juin 2026

Eveil des Nations

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Un huissier de justice gabonais propose un inventaire exhaustif du patrimoine de l’état

Alors que des révélations sur des immeubles d’État, dont les loyers seraient indûment perçus par des particuliers, animent le débat public au Gabon, Maître Axel Foumane Dounga, huissier de justice officiant près les juridictions de Libreville, a été interrogé sur cette situation. Pour cet officier public ministériel, le moment est opportun pour initier un inventaire national du patrimoine public. Il détaille l’apport crucial des huissiers de justice dans cette opération essentielle à la sécurisation des biens de l’État.

Un patrimoine méconnu est un patrimoine vulnérable

Question : Depuis plusieurs semaines, la question du patrimoine de l’État est au cœur de l’actualité, notamment avec des révélations sur certains immeubles publics. Quel regard portez-vous sur cette situation ?

Maître Axel Foumane Dounga : Ces informations, qu’elles soient pleinement confirmées ou qu’elles requièrent encore des vérifications, ont le mérite indéniable de mettre en lumière un enjeu fondamental : celui de la connaissance précise du patrimoine de l’État. Il est impossible de gérer, de protéger ou de valoriser efficacement des biens si l’on ne dispose pas d’un inventaire fiable, actualisé et juridiquement solide.

Au-delà de l’émoi suscité par ces révélations, cette conjoncture doit être perçue comme une opportunité historique d’engager une réforme structurelle de la gestion des biens publics au Gabon.

L’inventaire national : pilier d’une bonne gouvernance

Question : Vous préconisez la réalisation d’un inventaire national. Pourquoi cette démarche vous semble-t-elle aujourd’hui indispensable ?

Maître Axel Foumane Dounga : Parce qu’un État moderne et transparent doit avoir une connaissance exhaustive de l’ensemble de ses biens, qu’ils soient mobiliers ou immobiliers. Un tel inventaire permettrait d’identifier chaque propriété, de vérifier son statut juridique, de contrôler son affectation, son occupation et, le cas échéant, les revenus qu’elle génère.

Il s’agit avant tout d’un instrument de bonne gouvernance. Sans un état des lieux rigoureux, il devient ardu de détecter les occupations irrégulières, les détournements ou les manques à gagner qui peuvent découler d’une gestion déficiente du patrimoine public.

Les huissiers de justice : garants de l’authenticité

Question : Pourquoi estimez-vous que les huissiers de justice devraient être étroitement associés à cette opération d’envergure nationale ?

Maître Axel Foumane Dounga : Notre profession d’huissier de justice est celle d’officiers publics ministériels investis d’une mission d’authentification. Nous sommes précisément habilités à constater des situations de fait avec une impartialité absolue et à leur conférer une force probante incontestable.

Dans le cadre d’un inventaire national, le recours aux huissiers de justice offrirait des garanties multiples : la neutralité des opérations, une description méticuleuse des biens, leur localisation géographique précise, l’identification formelle des occupants éventuels et l’établissement de procès-verbaux dotés d’une véritable valeur juridique. En d’autres termes, il ne s’agirait pas d’un simple recensement administratif, mais d’un inventaire opposable, sécurisé et pleinement exploitable devant toutes les juridictions.

Objectifs clairs pour un Gabon prospère

Question : Concrètement, quels seraient les principaux objectifs d’une telle opération pour le Gabon ?

Maître Axel Foumane Dounga : Les objectifs sont nombreux et cruciaux. Il s’agirait en premier lieu d’identifier avec exactitude tous les biens appartenant à l’État, puis de vérifier leur situation juridique et leur mode d’exploitation. Cet exercice permettrait également de déceler d’éventuelles occupations sans titre ou des appropriations illégitimes.

L’ambition est aussi de renforcer la transparence dans la gestion du patrimoine public, d’améliorer la gouvernance et, surtout, de préserver les ressources de l’État au bénéfice de l’ensemble des Gabonais.

Un levier essentiel contre la corruption

Question : Pensez-vous que cette initiative pourrait contribuer efficacement à la lutte contre la corruption ?

Maître Axel Foumane Dounga : Absolument. La parfaite maîtrise du patrimoine public constitue un levier majeur de prévention des détournements de fonds et des conflits d’intérêts. Lorsqu’un patrimoine est intégralement identifié, localisé et documenté, les possibilités d’appropriation irrégulière deviennent considérablement réduites.

C’est également un outil d’aide à la décision inestimable pour les pouvoirs publics, qui pourront ainsi mieux valoriser les biens de l’État, optimiser leur exploitation ou décider de leur affectation en toute connaissance de cause et avec une vision stratégique.

Un appel pour l’avenir du Gabon

Question : Quel message souhaitez-vous adresser aux autorités gabonaises ?

Maître Axel Foumane Dounga : J’adresse un appel respectueux au Président de la République afin que cette opération d’inventaire devienne une priorité nationale incontournable. Nous traversons une période où les exigences de transparence, de bonne gouvernance et de responsabilité sont particulièrement pressantes. Il me semble impératif que le Gabon se dote d’une cartographie exhaustive et fiable de son patrimoine public.

On ne protège efficacement que ce que l’on connaît parfaitement. Cet inventaire représenterait un héritage d’une valeur inestimable pour les générations futures et enverrait un signal fort en faveur d’une gestion moderne et responsable des biens de la Nation gabonaise.

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