1 juin 2026

Eveil des Nations

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Tentative de coup d’État au Bénin : le pouvoir de Patrice Talon face à l’instabilité

L’Afrique de l’Ouest traverse une phase de fortes turbulences politiques, marquée par une succession de coups d’État depuis le début de la décennie, notamment au Sahel, en Guinée et en Guinée-Bissau. Dans des pays comme le Burkina Faso, le Niger et le Mali, les juntes au pouvoir affichent désormais une volonté de rupture avec la France, l’ancienne puissance coloniale.

Le président béninois Patrice Talon, en 2022.

Face à la menace pesant sur le gouvernement béninois, Emmanuel Macron a coordonné une réponse diplomatique avec les leaders de la région. Le président français s’est entretenu avec son homologue Patrice Talon, ainsi qu’avec les dirigeants du Nigeria et de la Sierra Leone, ce dernier assurant la présidence de la CEDEAO. Paris a réitéré son plein soutien politique aux efforts de l’organisation régionale pour rétablir la stabilité.

Une tentative de putsch neutralisée à Cotonou

La crise a éclaté un dimanche matin, lorsque huit militaires ont fait irruption sur les écrans de la télévision nationale pour proclamer la destitution de Patrice Talon. Après une journée d’incertitude dans la capitale économique, Cotonou, le chef de l’État a affirmé que la situation était totalement maîtrisée. Les affrontements entre les mutins et les forces régulières ont néanmoins causé plusieurs victimes.

Pour reprendre l’avantage, le Bénin a bénéficié de l’aide cruciale du Nigeria. Des frappes aériennes ont été menées sur la base de Togbin, point de repli des putschistes. Des unités au sol envoyées par Abuja ont également contribué à la sécurisation de cette position stratégique durant la nuit de dimanche à lundi.

L’ordre constitutionnel sous surveillance

La CEDEAO a rapidement réagi en annonçant l’envoi de renforts militaires provenant de quatre pays membres afin de préserver l’ordre constitutionnel. Omar Alieu Touray, président de la Commission de la CEDEAO, a souligné l’état d’urgence dans lequel se trouve la communauté, confrontée à la fois à la menace jihadiste et à la multiplication des coups de force.

Sur le plan opérationnel, une douzaine de militaires ont été interpellés, mais le chef des mutins, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, est toujours en fuite. Deux hauts gradés, Abou Issa, chef d’état-major de l’armée de terre, et Faïzou Gomina, chef d’état-major de la garde nationale, ont été libérés après avoir été brièvement retenus en otages.

Enjeux électoraux et tensions démocratiques

Alors que la vie reprend son cours à Cotonou, l’horizon politique reste chargé. Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, doit achever son second mandat en avril prochain. Si son action économique est saluée, ses détracteurs l’accusent d’un virage autoritaire. Le ministre des Finances, Romuald Wadagni, est pressenti comme le favori de la prochaine présidentielle, dont le principal parti d’opposition, Les Démocrates, se trouve actuellement exclu.

L’ancien président Thomas Boni Yayi a fermement condamné cette attaque sanglante tout en plaidant pour la tenue d’élections libres et transparentes. Pour la CEDEAO, l’érosion de l’inclusivité électorale dans la région devient un facteur majeur d’instabilité qu’il convient de surveiller de près.

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