2 juin 2026

Eveil des Nations

Média panafricain dédié à l'éveil politique et culturel des nations africaines.

Tentative de coup d’État au Bénin : le point sur la situation à Cotonou

La capitale économique du Bénin, Cotonou, a été le théâtre d’une vive agitation ce dimanche matin. Des détonations ont retenti dans la ville tandis qu’un groupe de militaires s’emparait de la parole sur la télévision nationale pour proclamer la chute du président Patrice Talon. Toutefois, le pouvoir en place a rapidement réagi, affirmant que cette insurrection avait été neutralisée.

Le président béninois Patrice Talon lors d’une cérémonie à Cotonou, en 2022.

Déroulement des événements et revendications des putschistes

Huit soldats armés, arborant divers bérets et se réclamant du Comité militaire pour la refondation (CMR), ont fait irruption sur les écrans de la télévision publique. Ils y ont annoncé la destitution du chef de l’État et la nomination d’un lieutenant-colonel à la tête de leur mouvement. Pour justifier leur acte, les membres du CMR ont évoqué une dégradation alarmante de la sécurité dans le nord du Bénin, ainsi qu’un sentiment d’abandon des troupes engagées au combat. Des critiques sur la gestion des carrières militaires et une érosion des libertés publiques ont également été formulées.

Durant la matinée, la tension était palpable à Cotonou. Des forces militaires ont verrouillé les accès stratégiques menant au palais présidentiel et aux locaux de l’audiovisuel public. Des secteurs clés, incluant des zones diplomatiques et de grands complexes hôteliers comme le Sofitel, ont été temporairement bouclés. Malgré ce déploiement, une grande partie de la population a continué ses activités quotidiennes sans perturbation majeure.

La riposte du gouvernement béninois

La réaction officielle ne s’est pas fait attendre. Alassane Seidou, ministre de l’Intérieur, est intervenu pour assurer que les forces loyalistes avaient repris le dessus. Selon lui, il s’agissait d’une action isolée menée par un petit groupe dont l’influence se limitait au studio de télévision. Les autorités ont confirmé que ni la résidence privée de Patrice Talon, ni le palais de la Marina n’avaient été occupés par les insurgés. Une douzaine de militaires, dont les instigateurs présumés de ce putsch avorté, auraient été appréhendés par les services de sécurité.

Le profil de Patrice Talon et les enjeux politiques

Au pouvoir depuis deux mandats, Patrice Talon dirige un pays qui affiche une santé économique robuste mais qui fait face à la menace croissante de groupes djihadistes à ses frontières septentrionales. Bien que crédité pour la modernisation du Bénin, le président est la cible de critiques concernant un durcissement de son régime. La perspective de l’élection présidentielle d’avril 2026, à laquelle il ne peut théoriquement pas se représenter selon la Constitution, exacerbe les tensions politiques intérieures.

Une réprobation internationale unanime

Les instances régionales et continentales ont immédiatement manifesté leur soutien aux institutions démocratiques béninoises. La CEDEAO a fermement condamné cette tentative de renversement, la qualifiant d’atteinte à la volonté populaire. De son côté, l’Union africaine (UA), par la voix de Mahamoud Ali Youssouf, a exigé le retour immédiat des militaires dans leurs casernes et la fin de toute action illégale.

Un contexte régional et historique fragile

Le Bénin n’est pas étranger aux soubresauts militaires. Son histoire a été marquée par des coups d’État mémorables, notamment en 1963, 1965 et 1969. Plus récemment, sous la présidence actuelle, des tentatives similaires avaient déjà été signalées en 2020 et en septembre 2024. Cet événement s’inscrit dans une vague d’instabilité touchant l’Afrique de l’Ouest, où plusieurs pays comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger ou la Guinée ont basculé sous contrôle militaire ces dernières années.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes