Taxe sur les téléphones : l’erreur stratégique de l’état camerounais Économie Par Oumou Salifou - 4 juin 202624 septembre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture3 min×1 Taxe sur les téléphones : comment l’État camerounais sabote son propre essor numérique En taxant lourdement les téléphones portables, le Cameroun prend le chemin inverse de ceux qui ont réussi leur révolution numérique. L’inclusion passe par l’accessibilité, pas par les prélèvements fiscaux. Les discours officiels sur la transformation numérique et la connectivité au Cameroun sonnent aujourd’hui comme une ironie cruelle. Comment promouvoir l’inclusion digitale quand on soumet les outils qui la rendent possible à une taxe de 33,33% ? Entre 1 670 FCFA pour un modèle d’entrée de gamme et 135 000 FCFA pour un smartphone haut de gamme, cette mesure revient à facturer l’accès à la modernité. Quand l’État taxe ce qu’il prétend développer Le téléphone portable est devenu un levier économique incontournable pour des millions de Camerounais : L’étudiant qui suit ses cours à distance L’agriculteur vérifiant les cours du marché Le commerçant utilisant le Mobile Money L’artisan communiquant via WhatsApp Pour la majorité, ce n’est pas un gadget, mais un outil de survie économique. Taxer un appareil aussi vital revient à faire payer l’entrée au chantier que l’État a lui-même lancé. Une décision sans logique industrielle Ce qui rend cette mesure encore plus absurde : le Cameroun ne dispose d’aucune production locale de téléphones. Pas d’usine d’assemblage, pas de filière électronique émergente. Les citoyens sont donc piégés : ils importent des appareils qu’ils doivent ensuite payer pour utiliser. Quand un pays taxe les importations pour protéger une industrie locale, la mesure a au moins une justification économique. Ici, il n’y a ni protection ni alternative. Juste une ponction fiscale supplémentaire sur des populations déjà en difficulté. Et demain, ce sera au tour des ordinateurs ? Si la logique est maintenue, quel appareil échappera à cette taxe demain ? Les ordinateurs portables ? Les tablettes ? Les équipements de bureau ? Chaque nouveau prélèvement creusera un peu plus le fossé entre ceux qui peuvent accéder au numérique et ceux qui en sont exclus. Le Cameroun à contre-courant de l’Afrique Partout en Afrique, les États misent sur le numérique comme moteur de croissance et d’inclusion. Le Cameroun, lui, choisit d’en faire un luxe inaccessible. Rendre les téléphones plus chers, c’est rendre le pays moins compétitif. Un citoyen connecté est un citoyen productif. Une économie connectée est une économie dynamique. Taxer le numérique, c’est renoncer à l’avenir. téléphone portable Par Oumou Salifou — Grand reporter Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)ÉconomieTous les articles