Le Cameroun face à la question du pouvoir vacant
Le Cameroun face à la question du pouvoir vacant
Dans son analyse politique diffusée le lundi 20 juillet 2026, Eric Boniface Tchouakeu s’interroge sur l’absence prolongée du chef de l’État en Europe.
L’éditorial politique du 20 juillet 2026, diffusé sur les ondes de la Radio Tiémeni Siantou (90.5 FM à Yaoundé et Bafang), relance les interrogations autour de l’absence prolongée du président camerounais en Europe.
Le président Paul Biya a quitté le Cameroun le 7 juin 2026 pour un « court séjour privé » en Europe, comme l’a indiqué son Directeur de Cabinet, Samuel Mvondo Ayolo.
Cette absence, initialement présentée comme temporaire, se prolonge indéfiniment, alimentant les spéculations sur l’état de santé du chef de l’État, âgé de 93 ans. Malgré les démentis officiels, certains évoquent même l’hypothèse d’une vacance du pouvoir au Cameroun.
La vacance du pouvoir : ce que dit la Constitution
Contrairement à une croyance répandue, la Constitution camerounaise ne fixe aucune limite temporelle au séjour du président hors du territoire national. La vacance du pouvoir ne peut être constatée que dans trois cas précis : décès, démission ou empêchement définitif du président en fonction.
Cependant, la notion d’empêchement définitif reste floue dans le texte constitutionnel, ce qui rend toute interprétation sujette à caution. Ainsi, un séjour prolongé à l’étranger ne saurait, à lui seul, justifier une telle conclusion.
Une question de morale politique plus que de légalité
Si le cadre légal permet au président de diriger le Cameroun depuis l’étranger, la pratique soulève des questions d’éthique politique. L’attente prolongée de la formation du gouvernement après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, ainsi que la nomination tardive d’un vice-président, pourraient expliquer l’intérêt croissant pour le nombre de jours passés par le président hors du pays.
Depuis plus de 43 ans au pouvoir sans interruption, Paul Biya n’a jamais signé ou fait publier de décret majeur depuis l’étranger. Cette absence de prise de décision à distance interroge sur la continuité de l’action gouvernementale.