Sénégal : les révélations d’ousmane sonko sur sa gestion de la dette et les financements alternatifs Politique Par Oumou Salifou - 19 octobre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture5 min×1 Pourquoi le Sénégal a choisi une autre voie que la restructuration de sa dette sous Sonko Lors d’une conférence de presse récente, l’ancien Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a livré sa version des faits concernant la gestion de la dette publique entre 2024 et 2026. Il rejette catégoriquement l’idée d’une restructuration de la dette sénégalaise, une option pourtant évoquée par certains observateurs. Selon lui, cette stratégie était non seulement évitée, mais aussi délibérément écartée au profit de financements alternatifs et de solutions innovantes. Sonko a insisté sur le fait que ni lui, ni le ministre des Finances Abdourahmane Sarr ni le ministre actuel Cheikh Diba n’ont jamais soutenu un tel scénario. Il affirme même que le président Bassirou Diomaye Faye a finalement adopté cette position après plusieurs réunions de travail. Mais cette stratégie suffisait-elle à couvrir les besoins financiers du pays ? Un plan de financement alternatif à hauteur de 2 000 milliards de francs CFA Face aux critiques sur une inertie présumée de son gouvernement, Ousmane Sonko a détaillé les initiatives mises en place pour mobiliser des ressources sans recourir à une restructuration. Il a évoqué le Plan de redressement économique et social ainsi que des échanges approfondis avec des institutions financières internationales. Parmi les partenaires clés, il cite la Banque africaine de développement (BAD), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et la Banque islamique de développement (BID). Ces collaborations visaient à créer un fonds de garantie capable de mobiliser entre 1 800 et 2 000 milliards de francs CFA. Selon lui, ce mécanisme devait permettre au Sénégal de répondre à ses besoins de trésorerie sans alourdir davantage sa dette publique. Pour étayer ses propos, Sonko a mentionné l’existence de procès-verbaux attestant des discussions menées au sein de l’administration financière. Une affirmation qui reste cependant à vérifier par des sources indépendantes. Les Émirats arabes unis, un partenaire clé pour le Sénégal Les déclarations de l’ancien chef du gouvernement ont également mis en lumière des négociations menées avec les Émirats arabes unis. Il affirme avoir effectué deux déplacements dans ce pays et avoir obtenu un accord estimé à près de 2 milliards de dollars. Ce montant, selon ses explications, devait être réparti entre financements avantageux et investissements dans des projets locaux. Parmi les réalisations prévues figure la construction d’un centre d’affaires sur le site de Mermoz, libéré par l’armée française. Une première tranche d’un milliard de dollars aurait été libérée en février 2026, dont 900 millions dédiés aux opérations financières et 100 millions au projet immobilier. Des promesses de financement encore en suspens Malgré ces annonces, des questions persistent sur la concrétisation de ces accords. Ousmane Sonko assure que les échanges écrits avec le ministre des Finances et les interlocuteurs émiratis existent, mais aucune preuve publique des décaissements n’a encore été apportée. Les montants évoqués et les modalités de versement restent donc à confirmer. Pourquoi le Sénégal a refusé le cadre commun du G20 ? L’ancien Premier ministre a également justifié le refus du Sénégal d’adhérer au cadre commun du G20 pour le traitement de la dette. Pour lui, ce mécanisme aurait transformé le pays en cobaye d’un nouveau système, sans garantie de résultats concrets. Sonko s’est appuyé sur des déclarations attribuées à la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), selon lesquelles le Sénégal disposait de suffisamment d’atouts pour se redresser avec un soutien adapté. Pour lui, les difficultés du pays relevaient davantage d’un problème de trésorerie que d’une crise structurelle de la dette. Un bilan à confirmer : entre promesses et réalités En défendant sa gestion, Ousmane Sonko cherche à montrer que son équipe a privilégié des solutions créatives plutôt qu’une renégociation agressive de la dette. Pourtant, ses déclarations soulèvent plusieurs interrogations : Les financements alternatifs évoqués ont-ils fait l’objet d’engagements fermes ? Les fonds promis par les Émirats arabes unis ont-ils été effectivement décaissés ? Dans quelle mesure ces mécanismes auraient-ils pu couvrir durablement les besoins financiers du Sénégal ? Pour éclaircir ces points, une vérification par les institutions concernées et la publication des documents associés seraient nécessaires. La transparence est-elle au rendez-vous ? Par Oumou Salifou — Journaliste Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)PolitiqueTous les articles