25 mai 2026

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Sénégal : la rupture Diomaye-Sonko, vers un nouvel équilibre politique pour 2029 ?

Le limogeage d’Ousmane Sonko du poste de Premier ministre marque officiellement la fin d’une alliance politique qui avait propulsé Bassirou Diomaye Faye à la présidence du Sénégal en 2024. Le slogan emblématique « Diomaye mooy Sonko », pilier de la troisième alternance sénégalaise, semble désormais obsolète depuis le décret du 22 mai 2026.

Ce cri de ralliement incarnait une fusion quasi totale entre deux personnalités politiques, unies par des parcours et un projet commun porté par le parti PASTEF. Cependant, cette équation politique s’est brisée avec la décision du président Bassirou Diomaye Faye de démettre son Premier ministre.

Les tensions étaient perceptibles depuis plusieurs mois, notamment autour des questions de gouvernance, d’économie et du contrôle interne du parti. Ce limogeage met en lumière les contradictions inhérentes à un système de pouvoir bicéphale, difficilement compatible avec l’architecture institutionnelle sénégalaise.

Cette rupture ouvre une période d’incertitude politique sans précédent. Pour la première fois depuis l’accession du PASTEF au pouvoir, le président et le leader charismatique du parti se retrouvent face à face.

Une dualité au sommet de l’État sénégalais

Pour Maurice Soudieck Dione, professeur agrégé de science politique, cette séparation était devenue inévitable. « Nous observions depuis plusieurs mois des contradictions de plus en plus évidentes entre le Premier ministre et le président de la République. Le Sénégal se trouvait dans une configuration politique inédite : un Premier ministre qui est également le mentor politique du chef de l’État », analyse l’expert.

Selon M. Dione, l’origine de cette crise remonte à l’élection présidentielle de 2024. Empêché de se présenter en raison de démêlés judiciaires, Ousmane Sonko avait désigné Bassirou Diomaye Faye comme son successeur désigné. Cette équation électorale s’est progressivement muée en une contradiction institutionnelle.

« Le président Bassirou Diomaye Faye a été élu dans un contexte particulier, après l’invalidation de la candidature d’Ousmane Sonko. Cette situation a créé, dès le départ, une dualité au sommet de l’État », explique Maurice Soudieck Dione.

Pourtant, la Constitution sénégalaise confère l’essentiel du pouvoir exécutif au président. « La Constitution sénégalaise accorde une prééminence politique et institutionnelle au président de la République. Le chef de l’État demeure le supérieur hiérarchique du Premier ministre. »

Face à cette primauté institutionnelle, se tenait un Premier ministre jouissant d’une légitimité populaire et partisane incontestable. « Vous aviez un Premier ministre doté d’une forte assise politique, d’une grande popularité et d’une influence considérable au sein du pouvoir. Cette coexistence ne pouvait qu’engendrer des tensions. »

Maurice Soudieck Dione suggère qu’une autre configuration institutionnelle aurait pu prévenir cette crise. « J’avais estimé, après les législatives de novembre 2024, qu’Ousmane Sonko aurait peut-être dû présider l’Assemblée nationale, laissant à un Premier ministre technocrate le soin de diriger l’action gouvernementale. Cela aurait permis une répartition plus claire des rôles. » Mais cette voie n’a jamais été empruntée, rendant « la confrontation au sommet de l’État presque inévitable. »

Une rivalité alimentée par les ambitions de 2029

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