Sénégal : et si les choix de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko sabotaient-ils leur propre projet politique ? Politique Par Ali Mahamane - 22 octobre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture3 min×1 Un pouvoir sénégalais miné par ses propres contradictions Le rapport aux principes républicains d’Ousmane Sonko et de Bassirou Diomaye Faye interroge l’équilibre même de l’action publique au Sénégal. Entre revirements politiques bruts et incohérences managériales, les deux figures du paysage institutionnel sénégalais semblent aujourd’hui jouer avec le capital confiance accumulé auprès de l’opinion. Une situation qui n’est pas sans conséquences pour la stabilité du pays. L’héritage d’hier face aux défis d’aujourd’hui : l’étrange ballet des positions renversées L’expert électoral Ndiaga Sylla, fin observateur des dynamiques politiques locales, souligne un phénomène troublant. Sous sa plume, l’analyse prend la forme d’un paradoxe saisissant : Ousmane Sonko rejette aujourd’hui ce qu’il a lui-même porté en tant que Premier ministre, tandis que Bassirou Diomaye Faye, désormais au pouvoir, accepte des orientations qu’il combattait hier. Cette inversion des positions, loin d’être anodine, révèle une réalité déroutante. Les engagements publics ne sont plus mesurés à l’aune de leur constance, mais semblent dictés par les circonstances du moment. Une évolution qui jette une lumière crue sur la fragilité des promesses électorales. Quatre points de rupture où la rigueur a cédé le pas Les fonds politiques : entre transparence affichée et opacité des financements, l’écart se creuse entre discours et pratique. La gestion de la dette publique : le Sénégal, confronté à des pressions budgétaires croissantes, peine à concilier rigueur et relance économique. La transhumance politique : les ralliements en cascade soulèvent des questions sur la sincérité des engagements et la volatilité des allégeances. Le cumul des mandats : un sujet brûlant qui oppose les principes démocratiques aux intérêts stratégiques des gouvernants. Au-delà des postures : l’urgence des réalités sociales sous le feu des projecteurs Derrière ces querelles de principes se profile une question essentielle : qui, au sommet de l’État, prend réellement en compte les souffrances quotidiennes des Sénégalais ? L’emploi des jeunes, l’inflation galopante, l’accès aux soins ou encore les services publics défaillants ne sont plus seulement des promesses de campagne. Pour Ndiaga Sylla, la crédibilité d’une démocratie ne se mesure pas aux discours, mais à la capacité de transformer les paroles en actes concrets. Et sur ce terrain, le bilan reste en demi-teinte. Crédibilité politique : l’équation impossible ? La méfiance croissante envers les institutions reflète un sentiment partagé : les citoyens attendent des actes, pas des volte-face. Si Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye veulent restaurer la confiance, il leur faudra alors prouver que leur projet commun dépasse les clivages et répond aux défis structurels du pays. L’heure n’est plus aux hésitations, mais à l’engagement sans faille au service du Sénégal et des Sénégalais. Leur héritage politique en dépend. Par Ali Mahamane — Journaliste Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)PolitiqueTous les articles