24 juin 2026

Eveil des Nations

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Sahel : le vide sécuritaire alimente l’expansion djihadiste du Mali au lac Tchad

La zone sahélo-saharienne est devenue le cœur névralgique du djihadisme international. Des confins occidentaux du Mali jusqu’aux abords du bassin du lac Tchad, des millions de civils subissent la domination de factions liées à Al-Qaïda ou à l’État islamique. Interdiction de cultiver, règles sociales d’une violence inouïe, menace constante de raids meurtriers : le quotidien des populations est un véritable enfer. Mais le plus alarmant dans cette descente aux abîmes n’est pas seulement la puissance des assaillants, c’est l’évidence criante qu’aucune véritable politique sécuritaire n’est mise en œuvre pour endiguer l’incendie au Sahel.

Le règne de la réaction et des décisions improvisées

Face à une menace interconnectée qui traverse les frontières poreuses du Sahel avec une agilité déconcertante, les réponses des États restent désespérément fragmentées, vagues et improvisées. On observe une succession de réactions à chaud après chaque massacre, plutôt que l’application d’une doctrine militaire réfléchie et partagée.

Une politique sécuritaire crédible ne se limite pas à l’achat d’équipement militaire ou à des annonces sur les réseaux sociaux. Elle exige :

  • Une coordination stratégique réelle et durable entre les États de première ligne du Sahel.
  • Un plan permanent de sécurisation des axes routiers et des zones agricoles afin de préserver l’économie rurale.
  • Un maillage territorial et un partage renseignement capables d’anticiper les mouvements ennemis, plutôt que de simplement constater les dégâts.

Au lieu de cela, le vide stratégique actuel offre un terrain libre aux groupes armés, qui s’installent, lèvent l’impôt et s’imposent comme les seuls administrateurs de vastes portions du territoire sahélien.

Le piège du tout-militaire sans vision globale

Un autre symptôme de cette absence de politique sécuritaire au Sahel est l’illusion que la crise se résoudra uniquement par les armes. En délaissant le volet « sécurité humaine » qui inclut le retour des services publics, des écoles, des dispensaires et d’une justice impartiale dans les zones fragiles, les gouvernements créent un appel d’air pour les recruteurs djihadistes.

Faute d’une vision à long terme pour rétablir durablement l’État là où il a failli, les opérations militaires, même lorsqu’elles réussissent ponctuellement, s’avèrent être des coups d’épée dans l’eau. Dès que l’armée se retire ou change de zone, les groupes terroristes reviennent, plus forts et plus ancrés qu’avant au sein des communautés locales.

Un sursaut urgent ou l’effondrement

Le constat établi du Mali au lac Tchad est un avertissement sévère pour l’avenir de la région. On ne combat pas une insurrection globale et structurée avec de l’improvisation et des ruptures d’alliances stratégiques. Tant que les dirigeants du Sahel refuseront de concevoir une politique sécuritaire globale, scientifique et véritablement coordonnée, les discours politiques se succéderont, tandis que le terrain, lui, continuera de glisser inexorablement entre les mains des groupes armés.

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