8 juin 2026

Eveil des Nations

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Premier congrès du Pastef : Sonko redessine l’avenir politique

Le parti Pastef-Les Patriotes, qui détient la majorité à l’Assemblée nationale, a organisé son tout premier congrès national du samedi 6 au dimanche 7 juin à Dakar. Ce rendez-vous historique, depuis sa fondation en 2014, visait à insuffler un nouvel élan dans un paysage politique en pleine recomposition. Sous la houlette de son président Ousmane Sonko, il s’agissait de redéfinir les orientations stratégiques du parti et d’ajuster la gouvernance politique du Sénégal.

La clôture du premier congrès ordinaire du Pastef-Les Patriotes s’est déroulée dimanche 7 juin à la Dakar Arena, devant une foule nombreuse de militants. Ousmane Sonko, officiellement investi président du parti majoritaire, a présenté une feuille de route articulée autour de trois axes : renforcer l’identité idéologique du parti, interpeller directement l’exécutif et sécuriser le calendrier électoral. Il a d’abord tiré le bilan de ce qu’il nomme ‘la première phase de la clarification’, lancée lors du grand meeting du 8 novembre. ‘Sur le plan politique, le Pastef est resté lui-même et en sort plus fort’, a-t-il déclaré. Tout en reconnaissant que cette période a apporté ‘des surprises et des déceptions’, il affirme n’en avoir ressenti aucune à titre personnel. Il a ensuite revendiqué pour son mouvement la paternité des grandes causes : lutte contre la corruption, réforme de la justice, renégociation des contrats et, surtout, le maintien de la majorité parlementaire.

En matière de gouvernance, Ousmane Sonko a formulé des critiques directes envers le président de la République. ‘Ce pays a assez souffert des complots et des combines’, a-t-il martelé, appelant chaque institution à respecter strictement son rôle constitutionnel sans céder aux ambitions personnelles. Il a été particulièrement explicite : ‘Même si le président cherche à satisfaire des ambitions politiques, il ne faut pas accepter qu’il fragilise les institutions.’

À ceux qui évoquent une crise institutionnelle, il a opposé une interprétation souveraine des urnes : ‘Il n’y a pas de crise institutionnelle au Sénégal. C’est le peuple qui a décidé de donner la présidence à une personne et l’Assemblée nationale à une autre.’

Le verrou parlementaire sur les élections locales

Ousmane Sonko a clairement exclu tout report des élections locales, avançant des arguments à la fois politiques et procéduraux. ‘Le Pastef ne sera jamais d’accord pour un report des élections locales’, a-t-il affirmé catégoriquement, avant de rappeler les contraintes constitutionnelles : ‘Pour reporter, il faut passer par l’Assemblée et voter une loi d’habilitation.’

À l’issue de ce meeting d’investiture du président du Pastef, la direction semble désormais claire pour une reconfiguration du paysage politique et une nouvelle manière de gouverner.

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