23 juillet 2026

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Paul biya en europe : le silence inquiétant du président camerounais

Portrait du président Paul Biya

Paul Biya en europe : un silence plus long que prévu

Ce qui devait n’être qu’un simple déplacement privé en Europe prend des allures de disparition prolongée. Depuis son départ le 7 juin 2026, accompagné de son épouse, le président camerounais Paul Biya n’a toujours pas regagné le territoire national. Plus de quarante jours se sont écoulés sans annonce officielle, plongeant le Cameroun dans une attente angoissante. Aucun communiqué n’a été diffusé pour rassurer les citoyens sur l’état de santé ou la situation politique du pays, alors que Paul Biya vient tout juste d’être réélu pour un nouveau mandat de sept ans.

Une absence qui irrite une partie de la population

Paul Biya, habitué depuis des décennies à ces escapades européennes, notamment en Suisse, dans des résidences luxueuses, laisse derrière lui un pays dirigé depuis plus de quarante ans. Ces séjours à l’étranger, souvent liés à des raisons médicales, s’accompagnent fréquemment de spéculations sur son état de santé. À 93 ans, le président camerounais, surnommé le Sphynx du palais d’Etoudi, semble préférer les soins à l’étranger à ceux proposés localement. Dans un État où la santé du chef de l’État relève du secret d’État, les rumeurs se multiplient, tandis que les autorités restent muettes.

Cette absence prolongée soulève une question cruciale : qui gère réellement le Cameroun en l’absence de Paul Biya ? Certains observateurs n’hésitent pas à qualifier le système de « pilotage automatique », évoquant une gouvernance où les décisions majeures échappent au chef de l’État. Comment un président peut-il assumer ses fonctions lorsqu’il passe plus de temps hors de ses frontières qu’auprès de ses concitoyens ? À cet âge avancé et avec une santé déclinante, la capacité de Paul Biya à exercer pleinement ses responsabilités est plus que jamais remise en question. Son dernier mandat, obtenu après l’élimination de ses principaux opposants, pourrait bien s’avérer être le dernier de trop.

Les Camerounais, de plus en plus impatients, expriment leur mécontentement face à ces absences répétées. Des voix s’élèvent pour dénoncer un président trop souvent absent, préférant les séjours en Europe à la proximité avec son peuple. Au sein de l’opposition, l’exaspération est palpable. Le député Jean Michel Nintcheu a même demandé au Conseil constitutionnel de constater une vacance du pouvoir. Une réaction immédiate du camp présidentiel n’a pas tardé : « Le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti », a rétorqué le directeur de la communication du parti au pouvoir.

Une gouvernance figée depuis des années

Le Cameroun de Paul Biya reste un cas unique en Afrique : un président octogénaire qui cumule les records, comme celui de plus vieux chef d’État toujours en fonction. Les Camerounais sont aussi confrontés à l’ancienneté de leurs institutions : Martin Mbarga Nguélé, Délégué général à la Sûreté nationale, a célébré ses 90 ans le 1er juillet dernier. Pire encore, le gouvernement actuel, dirigé par Joseph Dion Ngute, n’a pas été renouvelé depuis janvier 2019, soit l’équivalent d’un mandat présidentiel complet. Depuis l’investiture de Paul Biya en novembre 2025, aucun nouveau gouvernement n’a été formé, et le poste de vice-président, réactivé en avril dernier, reste toujours vacant. Autant de signes d’une inertie institutionnelle qui interroge sur la capacité du régime à évoluer.

Un pays à l’arrêt ?

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