Ousmane Sonko dénonce l’impunité dans la reddition des comptes au Sénégal
Un chef du gouvernement en colère face à l’absence de sanctions
Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, n’a pas caché son indignation face à la gestion des dossiers judiciaires liés à la reddition des comptes. Lors d’un Conseil interministériel axé sur les infrastructures, il a interpellé la ministre de la Justice, Yassine Fall, sur l’absence de poursuites malgré les scandales financiers.
Alors que la garde des Sceaux faisait le bilan des lacunes dans son département, notamment les dérives dans certains projets de construction, Ousmane Sonko a choisi ce moment pour exprimer ses doutes : « Madame la ministre, qu’est-ce que la justice fait vraiment ? Parfois, je me demande si c’est vraiment nécessaire de tout mettre en œuvre pour des résultats aussi faibles. »
Il a enchaîné avec une critique acerbe du système : « Dans ce pays, certains agissent en toute impunité, protégés par leur statut. Les milliards engloutis dans des projets douteux ne donnent lieu à aucune sanction. Le système reste intact, et les responsables, quels qu’ils soient, continuent de circuler librement. »
Des milliards gaspillés, aucune responsabilité engagée
Le Premier ministre a rappelé que la mission de son gouvernement était de rétablir la transparence et la responsabilité. « Nous avons été élus pour identifier clairement les coupables. Pourtant, aujourd’hui, on demande aux Sénégalais de refinancer des ouvrages déjà ruinés, tandis que d’autres s’enrichissent sans rendre de comptes. C’est inacceptable ! » a-t-il lancé avec fermeté.
Ousmane Sonko a également pointé du doigt la justice elle-même, soulignant que si celle-ci est affaiblie par des scandales, comment peut-elle garantir l’équité ? « Si la justice est corrompue ou paralysée, madame la ministre, que faites-vous de ces dossiers ? Aucune poursuite n’a encore été lancée. Où est la logique ? » a-t-il interrogé, exigeant des réponses.
Les promesses de la ministre de la Justice
Face à ces reproches, Yassine Fall a tenté de rassurer. Elle a affirmé que son équipe travaillait activement pour que « les responsables, quels qu’ils soient, répondent de leurs actes ». Malgré les obstacles structurels et organisationnels, elle a promis des résultats « sous la volonté de Dieu », pour le bien du peuple sénégalais.
Le Premier ministre n’a pas lâché prise. Il a reconnu l’importance des renégociations pour de nouveaux projets, comme les prisons, mais a rappelé que cela ne devait pas occulter l’obligation de sanctionner les fautifs, qu’ils soient ministres, directeurs généraux ou autres hauts fonctionnaires. « Les responsabilités doivent être établies, et les sanctions appliquées », a-t-il martelé, évoquant même un « sabotage judiciaire » dans certains cas.
Ousmane Sonko a exigé un suivi rigoureux de chaque dossier, avec une publication publique des conclusions. « Ces dossiers ne sont pas la propriété d’un magistrat, d’un Premier ministre ou d’un président. Ils appartiennent à tous les Sénégalais. Il est temps d’agir avec fermeté et transparence », a-t-il conclu, laissant entendre que des mesures plus strictes seraient prises prochainement.