Nigeria : les massacres de pâques plongent le pays dans une crise humanitaire International Par eveildesnations - 11 avril 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture4 min×1 Photo d’illustration. (AFP or licensors)Nigeria : les massacres de Pâques laissent des cicatrices profondes dans la région de KontagoraL’évêque local, Mgr Bulus Dauwa Yohanna, dénonce l’inaction des autorités face à la montée de la violence qui frappe indistinctement chrétiens, musulmans et adeptes des religions traditionnelles.La violence au Nigeria a atteint un paroxysme durant la période pascale, révélant l’ampleur d’une crise humanitaire qui s’étend sur des années. Le pays, le plus peuplé d’Afrique, subit des massacres répétés, entraînant des milliers de victimes et des dizaines de milliers de déplacés internes.Les événements survenus depuis le 4 avril, jour du Samedi saint, illustrent tragiquement cette réalité. Mgr Bulus Dauwa Yohanna, évêque du diocèse de Kontagora, partage son témoignage avec une émotion palpable. Selon lui, des groupes criminels ont parcouru plus de 100 km à moto depuis la réserve de Borgu (État du Niger), semant la terreur dans plusieurs villages de l’État de Kebbi sans que les forces de sécurité n’interviennent.Parmi les localités touchées, on compte Debe, Kelkemi, Binua et Kaura, toutes situées dans le diocèse de Kontagora. L’église catholique et la résidence du catéchiste à Debe ont été détruites. Bien que la famille du catéchiste ait survécu, le pasteur pentecôtiste de l’Église du Rédempteur a été assassiné. Une mosquée a également été réduite en ruines.Des groupes criminels aux motivations troublesD’après l’évêque, il est difficile d’évaluer avec précision le nombre de victimes, les assaillants ayant empêché l’inhumation des corps pendant deux jours. Cependant, les disparitions massives permettent d’estimer un bilan d’au moins 24 morts. Environ 500 personnes se trouvent toujours en fuite, abritées dans la paroisse de Yauri ou ailleurs dans le diocèse. Les groupes criminels, majoritairement composés d’éleveurs peuls, semblent poursuivre un objectif précis : s’emparer de terres par la force.Mgr Dauwa Yohanna alerte sur la situation dans le doyenné de Borgu, à l’ouest du fleuve Niger et frontalière du Bénin. Depuis juillet 2025, plus de 10 000 km² sont sous le contrôle de ces criminels, en dehors de quelques villages où l’armée et la police sont présentes. «Les autorités nigérianes ne contrôlent plus ces zones, laissant la population à la merci de ces groupes», déclare-t-il.Une population en proie à la terreurLa peur s’est installée dans la région : les habitants hésitent désormais à se rendre à l’église, craignant pour leur vie. Les cérémonies pascales ont été fortement réduites, et de nombreux fidèles n’ont pas pu y participer. Dans quatre paroisses du diocèse, aucun prêtre n’ose plus célébrer les offices par crainte d’enlèvements. La Conférence des évêques du Nigeria réitère depuis des années son appel à mettre fin à ces violences, mais les solutions tardent à se concrétiser.Mgr Bulus Dauwa Yohanna souligne l’impuissance de l’Église face à cette crise : «Nous ne pouvons agir seuls. Ces criminels agissent sous l’autorité de commanditaires invisibles, rendant toute négociation impossible. La population est livrée à elle-même, tandis que les autorités réagissent au lieu d’anticiper».Un appel à la communauté internationaleFace à l’escalade de la violence, l’évêque plaide pour une intervention diplomatique urgente. Il exhorte les médias internationaux à médiatiser ces atrocités quotidiennes : «Le Nigeria sombre dans le chaos. Ceux qui le peuvent fuient le pays. Il est temps d’agir avant qu’il ne soit trop tard». Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)InternationalTous les articles