6 septembre 2026

Eveil des Nations

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Niger : le CNSP ébranlé par une mutinerie à Niamey et les offensives du JNIM

La semaine écoulée a placé le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) face à une double épreuve : une mutinerie meurtrière au sein de l’armée à Niamey et une recrudescence des attaques jihadistes aux portes de la capitale. Entre le 28 août et le 3 septembre, les événements ont révélé des fissures profondes dans l’appareil sécuritaire et un lourd tribut payé par les forces de défense et les civils.

Une mutinerie sanglante à la base aérienne 101

Dans la nuit du 28 au 29 août, des affrontements ont éclaté à la base aérienne 101 de Niamey, un site stratégique abritant des avions militaires et des éléments du bataillon de sécurité et de renseignement (BSR). Selon des sources sécuritaires, le conflit a opposé des unités d’élite des forces spéciales, épuisées par les opérations répétées dans le nord et l’ouest du pays, à la Garde présidentielle épaulée par des instructeurs russes d’Africa Corps. Les échanges de tirs intenses ont causé la mort d’au moins 43 soldats nigériens, ce qui constitue l’une des pertes les plus lourdes pour l’armée hors des zones de combat contre les groupes armés.

Les raids du JNIM dans la région de Tillabéri

Pendant que le pouvoir tentait de reprendre la main sur la base, la situation s’est dégradée dans le fleuve Niger et les communes rurales du nord-ouest. Les 2 et 3 septembre, des éléments du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) ont mené des incursions coordonnées contre quatre localités de la région de Tillabéri : Darbani, Diamballa, Namarigoungou et Zibane (commune d’Anzourou). Le bilan est lourd :

  • À Diamballa, l’arrivée des assaillants a semé la panique, provoquant la noyade de deux fillettes dans une mare voisine. Un habitant a aussi été grièvement blessé par balle.
  • À Namarigoungou, un civil a été tué par balle lors de la prise du village, suivi du pillage des troupeaux.
  • À Zibane, l’assaut du 3 septembre a fait six morts, dont un membre des milices locales de défense. Plusieurs centaines de têtes de bétail ont été emportées dans ces trois secteurs.

Le JNIM aux portes de Niamey

Le point le plus critique est le rapprochement des jihadistes vers le cœur du pouvoir. Le 2 septembre, vers 5 heures du matin, une unité mobile du JNIM a attaqué le poste de gendarmerie de Komba, sur la route de Namaro, à seulement 10 kilomètres de la capitale. Cette incursion a obligé l’armée à établir des barrages routiers et à fermer temporairement la circulation sur la route nationale près du 3ᵉ pont de Niamey. L’attaque survient quelques jours après la libération par les autorités nigériennes de 20 combattants du JNIM, dans le cadre d’un échange d’otages, le 28 août. Cela montre la capacité du groupe à maintenir une pression directe sur les accès à Niamey, malgré les négociations en cours.

Le discours officiel face aux réalités du terrain

Face à cette accumulation de crises, la communication officielle, relayée par les médias d’État (RTN) et notamment le capitaine Roger Gabriel, continue d’attribuer la déstabilisation à des coalitions et ingérences étrangères de plusieurs pays voisins et partenaires régionaux. Cependant, la simultanéité des pertes à la base 101 (43 morts) et de l’incursion de Komba souligne un écart grandissant entre le discours axé sur la souveraineté et les réalités d’un terrain où les unités d’élite et les populations rurales nigériennes paient un lourd tribut humain.

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