12 août 2026

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Maroc : le collège d’Azrou, berceau d’une élite berbère inattendue

Maroc : le collège d’Azrou, berceau d’une élite berbère inattendue

Lycée Tarik Ibn Ziad en 2010, anciennement Collège Berbère d'Azrou. Maroc, Azrou.

Fondé sous l’impulsion du Protectorat français, le collège d’Azrou devait incarner la pierre angulaire d’une politique berbère au Maroc. L’objectif ? Former une génération d’Amazighs francophones, dévoués à l’administration coloniale et éloignés des mouvements indépendantistes de Fès ou Rabat. Pourtant, l’histoire a pris un tournant radicalement différent.

Cette institution, aujourd’hui connue sous le nom de Lycée Tarik Ibn Ziad, a vu défiler des figures majeures du Maroc contemporain. Parmi ses anciens élèves, on compte non seulement des ministres, des gouverneurs et des magistrats, mais aussi treize généraux. Certains ont servi sous les règnes de Mohammed V puis Hassan II, tandis que d’autres ont été impliqués dans les tentatives de coup d’État de 1971 et 1972.

Un projet colonial aux conséquences imprévues

À l’origine, le collège d’Azrou était conçu pour être un outil de contrôle. Les autorités françaises souhaitaient y façonner une élite berbère docile, alignée sur leurs intérêts, et capable de renforcer leur présence dans les rouages administratifs et militaires. Pourtant, cette stratégie a échoué de manière spectaculaire.

Les témoignages d’anciens élèves et les travaux de recherche, comme ceux de l’essayiste Mohamed Benhlal dans son ouvrage Le collège d’Azrou : une élite berbère civile et militaire au Maroc, 1927-1959, révèlent une réalité bien plus complexe. Les élèves de l’époque ont souvent développé un sentiment d’appartenance nationaliste, loin de l’allégeance attendue.

Des parcours emblématiques

Parmi les personnalités marquantes issues de ce collège, on retrouve :

  • Des figures politiques ayant joué un rôle clé dans l’indépendance du Maroc ;
  • Des militaires ayant servi dans les rangs de l’armée marocaine ;
  • Des magistrats ayant contribué à façonner le système judiciaire du pays.

Leur parcours illustre comment une institution, initialement conçue pour servir les intérêts coloniaux, est devenue un vivier d’excellence pour le Maroc indépendant.

Un héritage toujours d’actualité

L’histoire du collège d’Azrou rappelle que les plans coloniaux ne se déroulent pas toujours comme prévu. En transformant une élite berbère en fer de lance de la lutte pour l’indépendance, le Maroc a démontré que l’éducation peut être un vecteur de libération plutôt que de domination.

Aujourd’hui, le Lycée Tarik Ibn Ziad perpétue cette tradition en formant les nouvelles générations de leaders marocains. Son passé mouvementé en fait un symbole de résilience et d’adaptation, où chaque génération réécrit l’histoire à sa manière.

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